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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayNommée parmi les six révélations musicales 2025-2026 de Radio-Canada, l’artiste wendat Anyma Ora' revient sur le long chemin, sinueux et riche comme une rivière, qu’elle a parcouru pour devenir ce qu’elle a toujours su être.
Par un matin frisquet et gris de fin d’été montréalais, devant un café, Danyka Sioui, alias Anyma Ora' se confie. Radio-Can., c’est tellement un gros nom. C’est tellement un gros joueur.
Je pense juste que ça arrive au bon moment, que ça va vraiment nous supporter dans ce qu’on veut accomplir dans la prochaine année, […] de jouer un petit peu plus dans la cour des grands, a-t-elle réagi.
Et elle ajoute, optimiste : J’ai confiance où j’en suis avec ma musique, maintenant. On est rendus à un point où on devient de plus en plus professionnel. Notre spectacle a roulé énormément dans la dernière année. On a eu 70 dates partout au Québec, des gros festivals.

Sur scène, la musique d'Anyma Ora' prend une nouvelle dimension et met de l'avant son identité autochtone.
Photo : Radio-Canada
Même si la carrière d’Anyma Ora' progresse bien au Québec, l'artiste ne nie pas être attirée par une exploration de l’international. J’adore Wendake, j’adore Québec. Mais, par contre, j’ai envie que la musique puisse nous amener partout dans le monde.
Place aux Autochtones
Depuis la cohorte 2022-2023, elles sont cinq femmes et un homme autochtones à avoir fait partie des Révélations de Radio-Canada. Du lot, trois viennent de Wendake.
Quand j’ai vu Joseph [Sarenhes, Révélations 2023-2024] ou Eadsé [Révélations 2025-2026], j’étais comme : "Hé, c’est possible, le Québec reconnaît les talents d’ici!"
Pour l'autrice-compositrice-interprète wendat de 31 ans, cette reconnaissance représente l'aboutissement d’une vie bercée par la musique. Celle de son père, le regretté Gaétan Sioui, celle de sa communauté de Wendake où elle a assisté à quantité de spectacles et de pow-wow, mais aussi de tous les artistes qui ont marqué son parcours.
Mon rêve, c’est juste de pouvoir toucher les gens, faire de la musique et avoir ma place avec ces autres artistes-là, qu’on soit ensemble là-dedans.
Suivre les éléments
À plusieurs reprises durant l’entretien, la métaphore d’une rivière revient. Ce qui n’est pas une surprise pour une artiste dont la thématique de l’eau est très présente dans ses compositions.
Dans son plus récent morceau, FISH : I'm a blooming water seed/I'm letting in all the remedies (Je suis une graine d’eau en pleine floraison/J’accueille tous les remèdes) et dans des titres plus vieux, comme If God Had A Boat ou encore Home To You.
J'essaie de perpétuer un message qui est autant de mes propres émotions, mon propre vécu, mais aussi avec des éléments qui viennent de ma communauté dans les sonorités. C’est comme allier la pop moderne avec un peu le souvenir de ma culture.
Une culture qui se reflète dans les éléments, jusqu’à son nom d’artiste : Ora' est un mot wendat qui signifie l’élément sacré de l’air, explique-t-elle.
Les langues
Ayant grandi au sein d’une famille où l’anglais prenait une place importante (elle a des sœurs qui habitent aux États-Unis, a fait une bonne partie de son parcours scolaire dans la langue de Shakespeare), l’écriture de textes anglophones lui est venue sans effort. C’est un réflexe naturel d’écrire en anglais, explique-t-elle. Anyma Ora' affirme tout de même que, depuis quelques mois, le français se faufile de plus en plus dans ses compositions.
Le wendat aussi, même si ce ne sera pas pour tout de suite. Ça fait des années qu’il est en dormance. Ça fait environ 20 ans qu’à Wendake, on a des linguistes qui nous aident à retrouver notre langue, à la standardiser. […] Il n’y a plus personne qui la parle couramment chez nous.
C’est difficile de l’apprendre et de pouvoir la côtoyer. Pour moi, il faut que je m’immerge avec la langue, que je passe beaucoup de temps avec elle avant de dire : "Je sors une chanson en wendat".
Elle veut donc prendre le temps de trouver les bons mentors, de faire approuver ses textes pour bien les incarner, avant de se lancer. C’est très important, c’est un gros step.
La pression d’une porte-parole
Consciente d’être un modèle pour d’autres artistes autochtones et de le devenir encore plus avec une visibilité appelée à s’accroître, Anyma Ora' admet composer avec une certaine pression en ce sens. Je veux pouvoir donner le meilleur de qui je suis en respectant le plus que je le peux la communauté.
En étant qui je suis, en étant une femme wendat, ça ne veut pas dire que je connais tout de la politique ou de l’histoire, ou de telle réalité à Mani-utenam ou à Uashat. Ce n’est pas moi, ça. Ce n’est pas ça que j’ai choisi comme mission.
Elle aspire surtout à être une porteuse de message à travers son œuvre. On est encore ici, on a le droit d’exister. Elle souhaite participer à l’effort visant à faire plus de place aux artistes autochtones dans les festivals, mais aussi aux nouvelles générations.
À son rythme
L’artiste wendat ne veut pas précipiter les choses, tant dans sa carrière que dans son processus créatif. Je pense que je laisse la rivière couler là où elle me mène.
Elle avoue travailler lentement, pas toujours par choix. Elle cite le deuil de son père et des passages plus sombres de sa vie, autant d’embûches qui se sont dressées sur son chemin. Je suis seule avec mon émotion, je suis seule avec comment je me sens. Donc, la mélodie vient toute seule, et c’est une fois que j’ai sorti la mélodie qu’ensuite j’écris les paroles.
Je veux pouvoir me déposer et faire confiance à mon art, et qu’il puisse me soutenir pour ma survie.
Elle dit adorer tout le processus, de la composition en solitaire avec son piano jusqu’à la prestation sur les planches devant son public. Tout, sauf le point quasiment le plus important : J’ai toutes mes chansons écrites, parce qu’il n’est pas là, le problème. Le problème, c’est d’aller enregistrer mes voix. Tout le reste, partout dans tout l’univers d’être une artiste, ça va.
Il faut que je trouve une manière dans mon cerveau à défaire les "patterns", parce que ce sont des "patterns" de stress qui me mettent des bâtons dans les roues.
Et pendant ce temps, même si des chansons sommeillent en studio dans l’attente, elle sait qu’elle les retrouvera un jour ou l’autre, au moment opportun.

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5 days ago
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