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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayBassiste pour Hole, aux côtés de Courtney Love, puis pour The Smashing Pumpkins, la Montréalaise Melissa Auf der Maur a vécu les années du rock grunge, qu’elle raconte dans ses mémoires, Even the Good Girls Will Cry: A '90s Rock Memoir. Ce livre sort le 17 mars, pile le jour de ses 54 ans, afin de marquer un renouveau, 15 ans après qu'elle eut mis la musique de côté.
Après avoir mis sa carrière musicale sur pause à la naissance de sa fille, en 2011, jamais Melissa Auf der Maur n’avait regardé en arrière.
Mais quand elle est entrée dans la cinquantaine, elle s’est dit qu’il était temps de jeter un coup d'œil dans le rétroviseur et de se délester du passé dans un livre.
Je veux rentrer dans mon bel âge légère et complète, explique-t-elle, tout en se disant prête à faire sa mue, tel un serpent qui change de peau.
Je suis tannée d’avoir tout ça dans mon corps et mon esprit, ajoute-t-elle.
Si Melissa Auf der Maur a voulu rédiger ses mémoires, c’est aussi pour sa fille, âgée de 14 ans. Elle souhaite que son expérience profite à cette adolescente, mais également aux jeunes femmes désirant se lancer dans la musique.

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Un talent rapidement reconnu
Le début de la carrière musicale de Melissa Auf der Maur a des allures de conte de fées. Tout est allé très vite pour cette surdouée de la basse.
En 1993, elle reçoit une guitare électrique Fender Squier de son père pour ses 21 ans. La même année, elle cofonde le groupe montréalais Tinker, qui fait rapidement la première partie de The Smashing Pumpkins au Métropolis – Melissa Auf der Maur s’était liée d’amitié avec leur guitariste Billy Corgan lors de la venue du groupe aux Foufounes électriques en 1991.
À l’été 1994, elle devient la bassiste du groupe Hole.
Entre mes 19 ans et mes 22 ans, quelque chose de magique est arrivé, dit-elle. C’est l’autre raison pour laquelle je voulais sortir ce livre, je veux [dire aux] jeunes filles qui le liront d'écouter leurs rêves!

Eric Erlandson, Melissa Auf der Maur, Courtney Love et Patty Schemel du groupe Hole lors des MTV Video Music Awards en 1998.
Photo : Fred Prouser
Se protéger des esprits torturés
Melissa Auf der Maur a intégré Hole, mené par Courtney Love, dont elle est encore très proche, pour remplacer la bassiste du groupe Kristen Pfaff. Cette dernière a succombé à une surdose d’héroïne, deux mois après la mort par suicide de Kurt Cobain, qui était le mari de Courtney Love.
La batteuse du groupe, Patty Schemel, devenue très amie avec Melissa Auf der Maur, a elle aussi sombré dans la dépendance à cette drogue.
Il y avait beaucoup de peine [et] de tragédie autour de moi, je ne sais pas comment je n’étais pas déprimée, se souvient-elle.
C’est grâce à l’art que Melissa Auf der Maur affirme s'être préservée.
J’ai passé beaucoup de temps seule dans l’autobus, dans des chambres d’hôtel, dans des avions [...] à écrire et à faire des photos, raconte celle qui pensait devenir photographe avant que le rock ne s’impose à elle.
Mes pratiques créatives et la musique ont créé comme une forcefield [un bouclier invisible] entre moi et tout le chaos.

Courtney Love et Melissa Auf der Maur à Los Angeles en 1999.
Photo : Getty Images / Brenda Chase
La maternité avant la musique
Au bout de cinq ans, Melissa Auf der Maur quitte Hole pour retrouver sa liberté et part en tournée avec The Smashing Pumpkins, poursuivant son conte de fées avec ce groupe qui l’avait poussée à se mettre à la basse quelques années plus tôt.
C’était incroyable, c’était le meilleur moment musical de ma vie, affirme-t-elle.
Par la suite, Melissa Auf der Maur se lance en solo, avec un premier album, Auf der Maur, en 2004, puis un deuxième, Out of Our Minds, en 2010. En 2002, elle chante Le grand secret, en duo avec le groupe français Indochine.
Alors qu’elle approche de la quarantaine, la musicienne troque la guitare pour les couches : Je voulais découvrir la transformation totale, être mère.
J’avais une vie extrême et incroyable, la vie chaotique de la musique et des tournées. J’ai décidé de changer ma vie entièrement, poursuit celle qui refusait de se séparer de son enfant pour enchaîner les concerts.
Maintenant que sa fille est adolescente, Melissa Auf der Maur renoue avec la musique.
En juin dernier, elle a rejoint son ami Billy Corgan sur scène lors du concert de son groupe The Machines of God à Montréal.
Alors qu'elle redoutait de ne plus savoir jouer, Billy Corgan a interrompu les musiciens, pendant l’essai de son, pour lui dire : Personne ne joue comme toi!
Montréal, sa base
Melissa Auf der Maur vit dans l’État de New York, à quatre heures de route de Montréal, une ville pour laquelle elle continue d’éprouver un fort attachement.
Montréal est très edgy et créative, il y a beaucoup de caractère et de force dans cette ville, souligne-t-elle.
Cette force – venant, selon elle, de l’histoire à la fois francophone et anglophone de la ville, de son architecture et de sa rigueur hivernale – a nourri son identité, tout en lui donnant un ancrage.
Cette solidité l’a aidée à ne pas se laisser emporter par les mêmes démons qui se sont emparés de ses amis du rock grunge.
Sans Montréal, je ne suis pas Melissa. Je considère Montréal comme un membre de ma famille.
Dans Even the Good Girls Will Cry, elle évoque également sa jeunesse aux côtés de parents à l’esprit affranchi : sa mère américaine, Linda Gaboriau, traductrice de nombreuses pièces de théâtre québécoises et première femme DJ à Montréal ; puis son père montréalais, Nick Auf der Maur, journaliste à The Gazette et conseiller municipal farouchement opposé au maire Jean Drapeau.
Tous deux ont également été journalistes pour CBC/Radio-Canada. Son père animait notamment une émission de télévision anglophone. J’ai toujours les cartes [d’accès] de Radio-Canada de mes parents, confie Melissa Auf der Maur.
Mes parents m’ont montré que c’était facile d’être moi-même, ajoute-t-elle, précisant que rester fidèle à sa singularité l’a aussi aidée à ne pas se perdre quand elle s’est retrouvée plongée dans le chaos du rock grunge.

Melissa Auf der Maur au festival Edgefest, en Ontario, au début des années 2000.
Photo : Facebook/Melissa Auf der Maur | MAdM Official
Une tournée littéraire et une exposition de photos
Melissa Auf der Maur s’apprête à reprendre la route pour une tournée, littéraire cette fois, qui l’amènera à promouvoir Even the Good Girls Will Cry des États-Unis au Royaume-Uni et à l’Irlande, en passant par le Canada.
Elle sera de retour dans sa ville natale le 30 mars, à la Société des arts technologiques, pour une soirée bilingue mêlant lecture, dédicaces et entretien, avec l’animatrice d’ICI MUSIQUE Catherine Pogonat. L’événement s’achèvera avec Melissa Auf der Maur aux platines.
Pour le moment, aucune sortie d’Even the Good Girls Will Cry en français n’est prévue. Il y a toutefois un projet de traduction.
La musicienne prépare également un livre réunissant certains des 10 000 clichés qu’elle a pris lors de ses tournées, ainsi qu’une exposition photographique intitulée My ‘90s Photographs, qui se tiendra au Musée des beaux-arts de l'Ontario (AGO), à Toronto, à compter du mois de septembre.
Quand Melissa Auf der Maur est devenue bassiste pour Hole, elle a décidé de documenter ces années grunge avec son appareil photo, utilisant jusqu’à un rouleau de pellicule par jour.
Comprenant qu’elle pouvait, avec son regard unique – celui d’une photographe et d’une femme membre d’un groupe de rock alternatif –, témoigner de ce moment aussi majeur qu’éphémère de l’histoire du rock, la bassiste a tout photographié : les scènes, les coulisses, les spectateurs, les chambres d’hôtel…
Je voulais tout capturer pour que ce soit une fille du rock qui ait le dernier mot!
Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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1 month ago
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