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Ce début de printemps est marqué par la sortie de plusieurs séries sur les plateformes de diffusion en continu, dont l’américaine Dying for Sex et la québécoise Empathie, qui ont en commun de déclencher les rires autant que les larmes.
Dying for Sex, sur Disney+
La mort et le sexe, ces deux sujets sont rarement abordés de front ensemble à l’écran, sauf dans Dying for Sex. Cette série est adaptée du balado éponyme et du livre Screw Cancer : Becoming Whole dans lequel Molly Kochan raconte comment, apprenant à 42 ans que son cancer du sein est incurable, elle quitte son mari avec qui elle n’est pas épanouie sexuellement pour se lancer dans une exploration de sa sexualité.
Le balado et le livre ont été lancés en 2020, l’année suivant le décès de Molly Kochan à 45 ans. C’est l’actrice Michelle Williams qui incarne Molly Kochan et Jenny Slate qui joue sa meilleure amie Nikki Boyer.
C’est un étonnant mélange de comédie et de drame, explique la chroniqueuse culturelle Ariane Cipriani. On n’avait pas encore montré la fin de vie comme ça.
En entrevue, Michelle Williams a déclaré que ce qu’elle avait le plus retenu du personnage de Molly était son acceptation radicale. Si cette femme qui tient à porter de la belle lingerie sur son lit d’hôpital accepte sa fin prochaine, elle accepte aussi sans jugement les fantasmes, parfois inhabituels, de ses nombreux amants.
Il y a des désirs qui peuvent sembler freak, mais la façon dont c’est rendu à l’écran enlève nos jugements instantanés, ajoute-t-elle.
Lancée le vendredi 4 avril, Dying for Sex, qui se compose de huit épisodes, est également le récit d’une histoire de profonde amitié entre Molly et Nikki. Nikki devient son aidante naturelle, elle met sa propre vie de côté.
Dernière seconde, sur Illico+
Autre réalité peu montrée en profondeur à l’écran : celle des policiers-techniciens en explosifs (PTE). Réalisée par Julien Hurteau qui a tourné des épisodes de la série Alertes, Dernière seconde met en scène Catherine Chabot dans le rôle d’une PTE sur la piste d’un artificier qui pose des bombes ciblant le milieu des affaires montréalais.
C’est une série vraiment très efficace. Ça va vous garder sur le bout de votre siège, assure la chroniqueuse culturelle Claudia Hébert. Les policiers se demandent au moment de couper le fil : "est-ce que je vis ma dernière seconde?"
Catherine Chabot est vraiment excellente, poursuit Claudia Hébert, soulignant l’intensité du jeu de l’actrice et la touche d’humour qu’elle apporte à cette série d’action.
Patrick Emmanuel Abellard, Nathalie Doummar, Emmanuel Schwartz, David Boutin et Alexandre Goyette font également partie de la distribution. Les deux premiers des 10 épisodes de Dernière seconde ont été mis en ligne le 3 avril.
De rockstar à tueur : le cas Cantat, sur Netflix
En 2003, l’actrice Marie Trintignant a été tuée par son conjoint, Bertrand Cantat, le chanteur et leader du célèbre groupe français Noir Désir. En trois épisodes, la série documentaire De rockstar à tueur : le cas Cantat revient sur cette affaire ultramédiatisée et suscite de nombreuses réactions depuis son arrivée sur Netflix le 27 mars.
C’est une histoire qu’on a l’impression de connaître, mais c’est la première fois qu’on fait un projet aussi exhaustif et détaillé, met en avant Claudia Hébert.
Cette série documentaire permet également de réexaminer les faits avec du recul, mais aussi avec un autre regard, la société ayant évolué sur les questions de la violence conjugale. À l’époque, le mot féminicide n’était pas utilisé, le terme de "crime passionnel" était beaucoup utilisé, souligne-t-elle.
De rockstar à tueur : le cas Cantat présente des images d’archives, notamment des dépositions de Bertrand Cantat. On comprend mieux la manipulation dans la façon dont il a présenté le crime.
La série affirme aussi qu’il n’y pas une, mais des affaires Cantat. Si ses coups ont mis fin à la vie de Marie Trintignant, Krisztina Rády, la mère de ses enfants, s’est suicidée en 2010, après avoir fait état de la violence que Bertrand Cantat lui faisait subir.
Empathie, sur Crave
Après M’entends-tu? et Audrey est revenue, Florence Longpré revient avec une nouvelle création Empathie, qui se déroule dans l’univers de la psychiatrie carcérale. Elle y tient le rôle principal, celui d’une ancienne criminologue devenue psychiatre.
L’actrice connaît bien le sujet de la santé mentale, professionnellement – elle a travaillé comme préposée aux bénéficiaires et auprès de jeunes ayant des troubles du comportement – mais aussi intimement.
J’ai moi-même souffert de dépression quand j’étais plus jeune, avec des crises d’angoisse. Je sais par où tu passes pour t’en sortir et à quel point la route peut être longue, a-t-elle déclaré en entrevue à l’émission Pénélope.
La série en 10 épisodes, qui sera en ligne à partir du 10 avril, vient de remporter le prix du public au festival Séries Mania, en France. À la fin de la projection des deux premiers épisodes, le public, qui venait de rire et pleurer, s’est mis debout pour applaudir pendant de longues minutes Florence Longpré, le réalisateur Guillaume Lonergan et le reste de l’équipe de la série qui avaient fait le déplacement en France.
C’était inattendu, a déclaré celle qui n’en revenait toujours pas de l’accueil réservé à sa série lors de ce festival.
Si rien n’a encore été validé, Florence Longpré se montre optimiste quant à la probabilité qu’une deuxième saison d’Empathie voie le jour.
Libre dès maintenant, sur ICI TOU.TV Extra
Quatre vingtenaires qui partagent un grand appartement montréalais dans lequel emménage un cinquième colocataire après la mort de l’un d’entre eux, c’est le point de départ de Libre dès maintenant, disponible depuis le 3 avril.
Portée par de nouveaux visages comme l’Acadienne Maude Cyr-Deschênes, cette série raconte en 12 épisodes les amours, les préoccupations et les projets d’une génération Z souvent décriée.
J’avais envie de montrer une génération qu’on ne voit pas nécessairement à la télé, explique l’humoriste Guillaume Wagner, qui a écrit la série. J’avais envie d’avoir un regard très bienveillant et lumineux sur eux.
C’est une génération qui m’a inspirée, ajoute-t-il. Quand la génération Z est arrivée, ça a donné une bouffée de fraîcheur à l’univers humoristique.
Guillaume Wagner s’est également inspiré de sa propre vingtaine pour nourrir le scénario de Libre dès maintenant. Il y a beaucoup de mes erreurs et de mes excès.
Avec les informations de Louis-Philippe Ouimet

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1 year ago
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