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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayMurs en décrépitude, plafonds qui s’effondrent, classes étouffantes et surchargées, moisissure… Ricardo Larrivée dresse un sombre portrait de l’état des écoles québécoises dans le documentaire Écoles sous pression. Tourné vers l’avenir, il présente aussi des exemples inspirants de constructions modernes, pensées pour les besoins des jeunes d’aujourd’hui.
Écoles sous pression nous plonge dans la quête du cuistot le plus célèbre du Québec, qui s’est investi pendant sept ans dans le projet Lab-École avec Pierre Lavoie et l'architecte Pierre Thibault. L’initiative a mené à la construction de six écoles laboratoires dans toute la province, la dernière ayant ouvert ses portes en 2025 à Gatineau.
Ces établissements sont dotés entre autres de beaucoup plus de fenêtres, d’espaces récréatifs et de collaboration, ainsi que de cuisines où l'on peut aussi s'exercer dans d’autres matières – les mathématiques, par exemple – et les mettre en application.
Mais ce ne sont que six établissements sur les quelque 3300 écoles primaires et secondaires du Québec, dont 53 % sont jugées en mauvais ou en très mauvais état, un pourcentage qui s’élève à 75 % à Montréal.
Non seulement notre parc scolaire est vétuste, je dirais même qu’il tombe en ruine.
On a un retard d’investissement d’environ 25 milliards de dollars
Pour déterminer l’état dans lequel se trouve une école, le ministère de l’Éducation lui attribue une cote allant de A à E. Une proportion de 47 % des écoles ont une cote entre A et C (satisfaisant), 35 % sont notées D (mauvais état) et 18 % ont la cote E (très mauvais état).
Dans ce dernier cas, on parle de problèmes majeurs qui nécessitent des rénovations importantes ou parfois même une reconstruction complète.
Comme les écoles québécoises souffrent d’un sous-financement chronique depuis plus de 35 ans, les enveloppes budgétaires sont généralement consacrées en priorité aux établissements les plus vétustes.
Conséquence : l’entretien préventif des écoles cotées A à C est négligé, ce qui les expose à une dégradation prématurée, un cercle vicieux que plusieurs témoignages du documentaire déplorent. On a un retard d’investissement d’à peu près 25 milliards sur le parc immobilier, explique Jérémi Forgues, porte-parole de la Commission professionnelle des services des ressources matérielles.

L'une des écoles à l'abandon présentées dans le documentaire, avec ses fenêtres placardées
Photo : Radio-Canada
Pourtant, les sommes nécessaires pour faire cet entretien minimal ne sont pas énormes, poursuit-il : C’est documenté, c’est 2 % par année de la valeur de ton infrastructure que tu devrais mettre de côté pour être capable de l’entretenir et de la maintenir à long terme.
Mais pourquoi le réseau est-il incapable de faire ces plans à long terme? Ricardo et son équipe se sont posé la question.
Des enveloppes budgétaires imprévisibles
Plusieurs témoignages recueillis désignent le même problème : le manque de prévisibilité et de souplesse dans les enveloppes accordées pour l'entretien ou la bonification des écoles.
Les directeurs de ressources matérielles, qui sont chargés de déterminer quels seront les travaux nécessaires, ne peuvent pas faire de plan à long terme, puisque les enveloppes sont renouvelées annuellement.
La grande difficulté du réseau d’éducation, c’est qu’il fonctionne en années scolaires, mais le gouvernement et l’ensemble des citoyens, ça fonctionne en années budgétaires, explique la ministre de l’Éducation, Sonia Lebel, dans le documentaire. Déjà là, on voit qu’il y a une difficulté d’arrimage qui est intrinsèque à la façon dont on fonctionne.
On ne peut pas, comme gouvernement, engager des dépenses futures. C’est impossible dans nos règles, parce qu’on ne sait pas quels sont véritablement, année après année, les revenus de l’État, ajoute Michelle Courchesne, ancienne ministre de l’Éducation et analyste politique.
On pense qu’avec la même enveloppe, en ce moment, on pourrait faire mieux si elle était plus prévisible, et si c’était plus agile. Aujourd’hui, je ne sais pas quelle enveloppe je vais avoir pour les travaux que je vais réaliser l’été prochain.

Plusieurs intervenants déplorent le manque de prévisibilité des enveloppes budgétaires.
Photo : Pamplemousse média
L’omerta qui règne dans le réseau de l’éducation
Le documentaire de Ricardo et de Mélissa Beaudet lève aussi le voile sur un autre facteur qui explique le cul-de-sac dans lequel se trouve le réseau scolaire : l’omerta qui règne chez les professeurs.
Une propension au silence qui s’est intensifiée avec l’adoption en 2025 d’une nouvelle loi qui oblige les centres de services scolaires (CSS) à imposer un code d’éthique à tous leurs employés. Ces derniers doivent entre autres s’abstenir de tenir publiquement des propos négatifs sur leur employeur et obtenir une autorisation avant de s’adresser aux médias.
On a un code d’éthique assez strict, donc les professeurs ne peuvent pas s’exprimer sur l’état des écoles de manière libre, explique Catherine Beauvais-St-Pierre, présidente de l’Alliance des professeures et professeurs de Montréal.
Même si la ministre Lebel affirme dans le documentaire qu’il n’y a pas d’omerta, Ricardo et son équipe disent avoir eu beaucoup de difficulté à entrer dans les écoles les plus délabrées, se résignant à les filmer de l’extérieur. Et la plupart des photos montrées dans le documentaire leur ont été envoyées par des parents.
Il y a eu beaucoup de diplomatie à faire, a affirmé Ricardo au visionnement de presse d’Écoles sous pression, mercredi dernier.
Chantal Cyr, directrice du CSS de Saguenay, nous a donné accès à une école vétuste, mais c’est la seule, a ajouté Julie Paquin, recherchiste et productrice au contenu chez Pamplemousse pour Écoles sous pression. Une autre école a également accepté que l’on filme son intérieur, mais elle n’est pas nommée.
Les écoles de demain
L’objectif [avec le Lab-École], c’était d’avoir des lieux inspirants. Les écoles sont des lieux importants dans nos vies, donc on voulait avoir les meilleurs environnements possibles, explique Pierre Thibault, cofondateur du projet.
On voulait d'abord des espaces pour collaborer, pour manger et pour bouger. Ces espaces-là, c’est ce qui a fait la grande différence.

L'École du Boisé-des-Prés à Rimouski, l'une des six écoles laboratoires du projet Lab-École
Photo : Radio-Canada / Francois Gagnon
Pour Brigitte Morin, enseignante à l’École des Grands-Bâtisseurs – une école nouvelle génération inaugurée en 2024 à Beauport – les effets sur les élèves n’ont pas tardé à se faire sentir.
La classe est assurément plus lumineuse, et je remarque un effet sur le calme et la disponibilité des enfants, explique-t-elle. Et comme enseignante, je vois vraiment une différence sur mon énergie, avec le fait de voir la nature.
Même si le projet Lab-École a pris fin en juin 2025, Ricardo affirme qu’une graine a été semée et que le modèle d’écoles qu’il a proposé avec ses collègues est à l’étude dans six universités québécoises et européennes. Les résultats préliminaires sont probants, affirme celui qui espère maintenant que le projet va faire des petits.
Il faut qu’il y ait une vraie décision et que l’éducation soit au cœur de l’élection qui s’en vient. Tout le monde est toujours plein de vertus, mais comment ça va se traduire en gestes concrets? s’est-il demandé après le visionnement de presse. C’est facile, les promesses, mais ce sont des résultats qu’on veut.

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1 month ago
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