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Orgo-Life the new way to the future Advertising by Adpathway« J’aime dire que l’archet est le seul instrument de musique muet, inutile sans son compagnon », explique Éric Gagné, archetier de renommée internationale, installé à Sherbrooke depuis plusieurs années.
Dans son discret atelier, le violon, le violoncelle et la contrebasse sont autant de partenaires indispensables, et c’est lui qui façonne le lien muet qui unit l’instrumentiste à son instrument.
Chaque archet, fabriqué à la demande de musiciens professionnels des quatre coins de la province, est une création minutieuse pouvant nécessiter jusqu’à un mois de travail.
Un archet, c’est un peu comme une prothèse. Ça doit devenir l’extension naturelle de la main du musicien.
Chaque musicien a ses préférences. L’archet doit s’adapter à son jeu, à sa sensibilité. Mon rôle est de comprendre ses besoins et de transformer la matière pour lui permettre d’utiliser son instrument de la meilleure manière possible, ajoute-t-il.

Éric Gagné a perfectionné son art après des années de formation en Europe.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
Au Québec, les archetiers se comptent sur les doigts d’une main. On est probablement moins de cinq à en vivre entièrement, indique Éric Gagné. Ce marché très spécialisé reste fragile, mais il attire des musiciens prêts à investir pour un outil adapté à leur main et à leur style.
J’ai choisi cette branche-là parce que j’aime le mélange des savoirs. On travaille le bois, les métaux précieux , le cuir et plusieurs autres choses. C’est un mélange de tout et on s’exprime par la sculpture finale, explique l’artisan.
Comme le mécanicien du pilote de Formule 1
Curieusement, même si Éric Gagné a déjà tenté d’apprendre, il ne joue pas de violon. Et pourtant, l’archetier sait exactement ce que les musiciens recherchent.
Je compare souvent ça à la Formule 1, dit-il en riant. Le violoniste, c’est le pilote : il pousse son instrument et son art à un niveau extrême. Moi, je suis un peu le mécanicien. Je sais conduire une voiture, mais pas une Formule 1. Le musicien, lui, est capable de sentir la moindre variation de poids, de tension ou d’équilibre dans l’archet.
Ce parallèle, loin d’être une simple image, résume sa manière de travailler : précision, compréhension du matériel, et confiance mutuelle. Je n’ai pas besoin de jouer pour comprendre. Mon rôle, c’est de concevoir un outil parfaitement adapté à celui qui le manie, lance-t-il.

La minutie est la qualité principale d'un archetier, selon Éric Gagné.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
Les outils du mécanicien, dans ce cas-ci, sont le pernambouc, soit un bois brésilien aux propriétés musicales exceptionnelles, l’ébène, l’argent et le crin de cheval.
On rabote, on affine, on polit, on ajuste au millimètre près. En archèterie, un dixième de millimètre est une marge énorme. À la fin, tout se joue sur la sensation dans la main du musicien, conclut-il.
De l’Europe à Sherbrooke
Comme la lutherie, l’archèterie s’apprend encore aujourd’hui selon la tradition du maître et de l’élève. J’ai dû partir en France pour apprendre, raconte-t-il. J’ai eu la chance de trouver quelqu’un qui a accepté de me former, puis j’ai travaillé pour lui.
Son parcours l’a mené ensuite en Belgique, dans une grande maison de Bruxelles où il a restauré des archets anciens, parfois âgés de plus de deux siècles.
On réparait des archets de 200 ou 300 ans. C’est de l’histoire qu’on tient entre nos mains. À ce moment-là, l’exercice de pleine conscience est parfaitement approprié!, lance-t-il, un sourire aux lèvres.

L'archetier sherbrookois a remporté de nombreux prix internationaux pour la qualité de son travail.
Photo : Radio-Canada / Guillaume Renaud
François Xavier Tourte est celui qui a instauré les standards de l’archèterie qu’on connaît aujourd’hui, dès le XVIIIe siècle. On parle d’archets presque éternels, sur lesquels j’ai déjà travaillé. En ce qui concerne le prix, c’est comme une œuvre d’art exceptionnelle, on parle de plusieurs centaines de milliers de dollars, indique fièrement Éric Gagné.
Après une quinzaine d’années à Montréal, il s’est installé à Sherbrooke, tout en poursuivant ses activités de restauration. Dans son atelier, il continue de réparer des pièces rares signées par les grands maîtres de l’archèterie, en plus d’ajouter sa pierre à la fondation de ce métier ancestral, qui poursuit son évolution.

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6 months ago
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