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L’industrie musicale canadienne en détresse, selon une étude

2 months ago 35

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Plus de la moitié des professionnels canadiens de la musique ont déjà perdu le goût de vivre, au point où 43 % d'entre eux admettent avoir déjà eu des idées suicidaires, alors que 86 % d’entre eux ont été confrontés à des problèmes de santé mentale, révèle une nouvelle étude nationale sur la santé mentale dans l’industrie canadienne de la musique.

Le lancement de l'étude En coulisses (Soundcheck) avait été annoncé en septembre 2024 par Le Fonds Unison, la SOCAN et le cabinet de conseil Revelios, un spécialiste de l’industrie de la musique. Ses résultats ont été dévoilés mercredi.

Ce que nous avons constaté, c'est que, de manière très générale, il existe une crise de santé mentale dans l'industrie musicale canadienne, a résumé la présidente de Revelios, Catherine Harrison.

Et cela vaut quel que soit le rôle que l'on occupe : que l'on soit artiste, membre d'une équipe, employé d'une entreprise, travailleur indépendant, agent publicitaire ou autre, la mauvaise santé mentale est très répandue.

Plus de 1250 professionnels de la musique avaient participé à cette enquête en date du 31 octobre 2025. L'étude a été réalisée par le biais d’un sondage national, de groupes de discussion et d’entretiens individuels menés partout au Canada.

Anxiété, fatigue et tristesse persistante

94 % des personnes interrogées qui reconnaissent que les problèmes de santé mentale sont très répandus dans l’industrie; 86 % d’entre elles ont personnellement été confrontées à de tels problèmes et 95 % ont vu d’autres personnes en souffrir.

84 % des participants à l'enquête sont d'avis que leur milieu de travail n’est pas propice à la santé mentale, et 95 % pensent que l’industrie pourrait en faire plus pour s’attaquer à ces problèmes.

86 % d'entre eux ont estimé souffrir d’anxiété, 75 % de fatigue et 70 % de tristesse persistante, qui sont tous des signes d’un épuisement endémique.

Ces chiffres témoignent d'une profonde détresse au sein de la population active dans le secteur musical, a estimé Mme Harrison, qui a admis avoir été déçue de la faible participation québécoise à l'exercice.

La précarité financière en cause

Le stress financier semble être une composante importante de la situation, puisque 84 % des personnes interrogées ont confié que cela a un impact direct sur leur santé mentale.

Il est de plus en plus difficile de gagner de l'argent, de trouver du travail, de créer. La diffusion en continu a pratiquement éliminé toute source de revenus provenant de la vente de chansons. Il est plus difficile d'organiser des concerts au Canada. De nombreuses petites salles ferment leurs portes, a dit Mme Harrison.

Il est plus difficile de trouver du travail et d'obtenir un salaire décent. Je connais beaucoup de musiciens qui jouent depuis des décennies et qui gagnent le même salaire que dans les années 80.

Face à cette précarité financière, poursuit-elle, les professionnels de l'industrie de la musique n'ont d'autre choix que d'occuper un ou deux autres emplois, ce qui aura presque inévitablement un impact néfaste sur leur santé mentale.

Le spectre de l’IA qui plane sur l'avenir

Et c'est sans compter les inquiétudes liées à l'intelligence artificielle, entre autres par rapport à ces pièces musicales composées en quelques secondes, puis déposées sur des plateformes comme Spotify.

L'IA commence vraiment à faire des ravages depuis 12 mois. Pensez à toutes ces personnes, pas seulement les auteurs et les artistes, mais aussi les techniciens, les ingénieurs du son, etc., qui gagnaient leur vie en composant des jingles, des bandes originales, et en vendant leurs œuvres pour la publicité, a souligné Mme Harrison.

Aujourd'hui, les entreprises se disent : "Pourquoi ferais-je cela? Je peux simplement demander à un robot de tout faire."

Personne ne sait vraiment où l'IA nous mènera dans six mois ou dans un an, a-t-elle ajouté, et toute cette ambiguïté, toute cette confusion, est une source supplémentaire de stress.

C'est donc une période très stressante d'un point de vue créatif, a conclu Mme Harrison. Et il y a un réel sentiment de désespoir et un manque d'autonomie et de contrôle sur son propre travail.

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