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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayProduite par Télé-Québec, La mascotte du chaos sera lancée au printemps, mais uniquement sur TikTok. Cette fiction en 18 épisodes de 2 minutes vise à rejoindre les 13-17 ans sur leur écran préféré : celui de leur téléphone. Pour y parvenir, son équipe de création a dû surmonter plusieurs défis et réinventer sa façon de travailler.
Personnifier une mascotte, c’était le rêve d’adolescence du créateur de la série, Félix Descheneaux.
À défaut d’avoir suffoqué lui-même dans un costume de plusieurs kilos, il a imaginé La mascotte du chaos, qui met en scène quatre jeunes devenant mascottes le temps d’un été.
Toutefois, l’un des costumes disparaît et une personne cachée sous cette mascotte de chat s’affiche sur les réseaux sociaux en faisant les 400 coups. Qui a volé le costume pour semer la pagaille? C’est ce que la série cherche à nous faire deviner.
Les 18 épisodes sont complétés par 10 capsules, elles aussi verticales et tournées à l'aide d'un téléphone intelligent, qui montrent la « mascotte du chaos » en pleine perpétration de ses méfaits.
Oser et innover
Télé-Québec estime jouer son rôle de laboratoire avec cette nouvelle forme de fiction de plus en plus populaire dans le monde, mais encore émergente au Québec.
Ça devient de plus en plus difficile de rejoindre les jeunes publics, alors on s’est dit : "Pourquoi ne pas essayer avec un format inédit?" explique Nadine Dufour, vice-présidente contenus à Télé-Québec.
Ce n’est pas grave si un ado ne sait pas qui est Véronique Cloutier, mais c’est important que nos jeunes puissent consommer du contenu local qui leur ressemble et qui parle d’eux, estime le réalisateur de la série, Pierre-Luc Miville.
Pas question toutefois pour Télé-Québec de proposer une histoire romantique à bas prix produite à la chaîne.
Souvent, on associe les microséries à des productions de faible valeur. Dans notre cas, la valeur de production est comparable à nos autres séries pour le jeune public.
On a travaillé avec des scénaristes d’expérience et un réalisateur qui a mis tout son cœur dans cette série, ajoute-t-elle.
Il faut que ce soit punché
S’il avait déjà réalisé des webséries courtes, Pierre-Luc Miville n’avait encore jamais tourné ni en format vertical ni pour TikTok. Il aime les défis et ça tombe bien, car produire La mascotte du chaos a posé des difficultés.
Premièrement, tourner un format court et vertical a nécessité de penser autrement les cadrages – une caméra horizontale a été utilisée, permettant ainsi de découper deux cadres différents dans un même plan – comme la manière de raconter une histoire.
Il faut que ce soit punché, souligne le réalisateur, qui a demandé à ses comédiens d’accélérer leur débit.
Pas de temps mort non plus dans le récit. Chaque petite longueur a été supprimée au point de faire passer, en postproduction, la durée des épisodes de 3 minutes 30 à 2 minutes.

Le réalisateur québécois Pierre-Luc Miville
Photo : SSTM
3 secondes pour convaincre
Savoir comment capter immédiatement l’attention des mobinautes a donné du fil à retordre à l’équipe.
Il faut attirer l’œil dès les trois premières secondes et entrer directement dans l’action.
On a coupé des intros, car on s’est dit : "Ça n’accroche pas assez, les gens vont swiper à un autre reel", renchérit Pierre-Luc Miville, qui a aussi misé sur des images colorées et plus léchées que ce que propose habituellement TikTok pour se démarquer.
Les deux hommes ont donc vécu plusieurs microdeuils. En tant que créateur qui aime raconter de belles histoires, c’est comme si on en amputait une partie pour rester dans l’impact et l’effervescence. C’est souvent crève-cœur, mais c’est juste une nouvelle réalité qu’il faut accepter, confie Pierre-Luc Miville.
Pour embarquer les ados dans leur récit, l’équipe de la microsérie s’est inspirée de différents influenceurs québécois et des codes des réseaux sociaux. Ainsi, la « mascotte du chaos » est un chat comme les différents émojis de chats que le public utilisera peut-être pour commenter les épisodes.
La crainte d'être rapidement démodé
Félix Descheneaux et les scénaristes ont également puisé certaines idées dans les multiples tendances (trends) qui fleurissent sur les réseaux sociaux, comme les mèmes de brain freeze (gel de cerveau).
Toutefois, la popularité est souvent éphémère sur TikTok, alors le défi a été de réussir à choisir des tendances qui allaient être encore d’actualité ce printemps. Ce qui fonctionnait en septembre, lors du tournage, sera peut-être ringard au moment de la diffusion, explique Félix Descheneaux, qui s’est notamment entouré d’adolescents et de personnes au début de la vingtaine pour ne pas être dépassé.
Côté scénarisation, le plus complexe a été d’écrire des épisodes pouvant se regarder dans l’ordre ou dans le désordre, car Télé-Québec n’a aucun contrôle sur les vidéos que l’algorithme de TikTok décide de diffuser à ses utilisateurs.
On ne sait pas sur quel épisode les gens vont tomber en premier, résume le créateur de la série.
C’est une tout autre façon de réfléchir et de produire. Même avec 10 ans de production derrière nous, on a beaucoup appris.

La microsérie verticale « La mascotte du chaos » a été pensée pour être diffusée sur les téléphones.
Photo : Télé-Québec
100 % TikTok
Autre défi de taille : amener La mascotte du chaos devant les yeux des ados. L’essor des microséries verticales s’est accompagné de l’apparition de plusieurs plateformes spécialisées comme ReelShort. À Télé-Québec, et au Québec, on n’a pas la masse critique de contenu pour créer des applications spécialisées, souligne Nadine Dufour.
Pour atteindre la cible des 13-17 ans, Télé-Québec a donc choisi d’offrir sa microsérie uniquement sur TikTok.
Les ados seront-ils au rendez-vous? Télé-Québec l’ignore et ne s’est fixé aucun objectif chiffré précis. On fera certainement face à des problèmes de découvrabilité, pense Nadine Dufour. Cette habitude de consommer du contenu [comme ça] n’est pas acquise pour notre public.
Signe encourageant, Félix Descheneaux a senti les jeunes comédiens de La mascotte du chaos, âgés de 16 à 22 ans, particulièrement investis dans le projet. Ils arrivaient avec des idées; j’ai senti que TikTok était un média proche d’eux, dit-il.
Si cette première microsérie verticale est suffisamment regardée, Télé-Québec a d’autres projets de ce type dans ses cartons, notamment pour les 18-25 ans.
J’espère que ça va ouvrir une porte, estime pour sa part Félix Descheneaux, désireux de continuer à explorer le format de microsérie verticale. Le terrain de jeu est beaucoup plus grand qu’on le pense. Par contre, il faut se défaire des codes qu’on a dans la tête.
Heureux d’avoir ajouté une corde à son arc, Pierre-Luc Miville croit également que La mascotte du chaos n’est que la première page d’un nouveau chapitre qui s’ouvre pour la fiction télévisée québécoise. Le changement fait toujours peur, mais l’avenir est prometteur. Tant qu’on va raconter de belles histoires, on va y trouver notre compte!

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1 month ago
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