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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayActuellement en tournage à Maniwaki, la série télé Kadebwe nous plonge au cœur de la vie d’une famille divisée. Deux sœurs et un frère doivent décider de l’avenir de la pourvoirie familiale après le décès de leur père. Le problème? Selon les dernières volontés du défunt, les trois enfants, qui mènent des vies très différentes, doivent s'accorder sur l’avenir de l’entreprise familiale.
L’histoire se déroule dans une communauté autochtone fictive. Rachel (Eve Ringuette), Nathan (Samian) et Nibi (Océane Kitura Bohémier-Tootoo) font face à un dilemme : habiter la terre familiale et la préserver ou la vendre.
Pour la scénariste, coréalisatrice et coproductrice de Kadebwe, Sonia Bonspille Boileau, l’enjeu principal de la série est le déchirement entre le développement pour le bien de la communauté et la protection du territoire et de l’héritage culturel.

Sonia Bonspille Boileau et Jason Brennan ont réalisé et produit ensemble la série « Kadebwe ».
Photo : Radio-Canada / Christian Hudon
La comédienne Eve Ringuette abonde dans le même sens. Ça vient toucher à nos valeurs. Par exemple, si c'est un projet industriel qui détruit le territoire, ça va à l'encontre des valeurs de la communauté parce qu'on est là pour protéger la terre, on est là pour vivre avec elle, fait valoir l’actrice.
La série jette aussi un regard sur le quotidien d’une communauté autochtone. On présente l'aspect du conseil de bande, de la vie en communauté, la dynamique des personnages et la vie dans un plus petit village, explique le coproducteur et coréalisateur de la série, Jason Brennan.

La série « Kadebwe » a été en partie tournée à Déléage, tout près de Maniwaki.
Photo : Radio-Canada / Camille Bourdeau
Samian, qui interprète le rôle de Nathan, affirme qu’il est important d’aller dans une communauté pour voir le quotidien des gens, comment ça se passe dans les familles et dans les maisons. On humanise ici ce que l’on idéalise souvent, ajoute-t-il.
Des personnages féminins forts

La comédienne Eve Ringuette est originaire de la communauté innue Uashat-Maliotenam.
Photo : Radio-Canada / Christian Hudon
La comédienne Eve Ringuette a eu un coup de cœur pour le projet, notamment pour la place de choix accordée à des personnages féminins forts. Nous avons dans nos communautés des femmes fortes qui vont défendre le territoire et des hommes viennent les appuyer, rappelle-t-elle.
Sa partenaire à l’écran Océane Kitura Bohémier-Tootoo décrit d’ailleurs son personnage comme forte, très indépendante, très travaillante et aussi très décidée.

Océane Kitura Bohémier-Tootoo interprète le rôle de Nibi, qui gère la pourvoirie « Kadebwe ».
Photo : Radio-Canada / Christian Hudon
Sonia Bonspille Boileau explique avoir voulu inclure ce type de représentation dans son scénario, qu’elle dit n’avoir que trop rarement vu à l’écran en grandissant. C'était toujours des femmes de surface, qui d'ailleurs mouraient souvent dans les histoires, déplore la coscénariste.
Nos modèles, ce sont souvent les femmes qui nous ont élevés. C'est ce qu'on voulait mettre à l'écran. J'avais envie que de jeunes femmes autochtones se voient comme des femmes fortes.
Le rire, partie intégrante des communautés autochtones et de la série

Les comédiens Samian et Soleil Launière font partie de la distribution de la série télé « Kadebwe ».
Photo : Offert par Nish Média / Randy Kelly
Bien que Kadebwe soit un drame, les réalisateurs ont voulu inclure une touche de légèreté dans leur projet. L'humoriste et autrice Suzie Bouchard s'est d’ailleurs jointe au projet en tant que coscénariste pour revoir la façon d’aborder le dialogue, mentionne Sonia Bonspille Boileau.
Dans nos communautés, on a un beau mécanisme de défense, le rire et l'autodérision, et aussi le besoin de voir les choses de façon un peu moins lourde.
Elle ajoute que ce deuxième regard a été essentiel pour ne pas tomber dans une écriture trop dramatique.
Chaque fois que je me promène dans différentes communautés qui ne sont pas de ma nation, c'est par le rire qu'on se rencontre, observe pour sa part Eve Ringuette, soulignant la place privilégiée du rire pour les premiers peuples.

Le plateau de tournage pour les scènes de la pourvoirie se trouve aux abords du lac Achigan.
Photo : Radio-Canada / Christian Hudon
De son côté, Samian témoigne de l'importance de raconter le présent.
Maintenant qu’on a pleuré sur notre histoire, qu’est-ce qu’on fait? Est-ce qu’on peut rire? Est-ce qu’on peut montrer autre chose? Est-ce qu’on peut aller dans les trucs qui nous ressemblent, sans dénaturer et sans toujours aller dans le passé?
Une série autochtone qui parle à tous
La coscénariste et coréalisatrice souhaite mettre de l'avant l’universalité du récit. J'ai juste envie de raconter une bonne histoire. Je veux que le public s'attache à nos personnages, qu’il vive la saga familiale au même rythme que nos personnages, qu'à chaque épisode, il ait envie de voir le prochain, confie-t-elle.
Il y a quelque chose de très libérateur dans le fait qu’on n'avait pas de volonté d'enseigner quoi que ce soit au sujet de la culture autochtone. On veut juste que nos personnages la portent, la vivent et la transmettent par qui ils sont.
La comédienne Océane Kitura Bohémier-Tootoo estime que tout le monde va pouvoir s'attacher à cette histoire.
Produite par Nish Media, la série Kadebwe compte 10 épisodes de 60 minutes, qui seront diffusés à partir du 6 janvier sur ICI TÉLÉ, ICI TOU.TV et APTN.

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