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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLes membres du groupe 1755 monteront sur les planches du Théâtre Capitol de Moncton, lundi soir. Après avoir chanté l’Acadie avec fougue pendant 48 ans, les musiciens tirent leur révérence dans la ville où tout a commencé pour eux.
Car c'est officiel, les derniers spectacles de la bande - à guichet fermé - sont les 6 ,7, 10, 11 et 12 octobre.
En répétition lundi matin, les musiciens se disaient bien émotifs, mais surtout excités de ces spectacles qui en quelque sorte bouclent la boucle de leur parcours.
C’est le fun de finir ça là, dans le Théâtre Capitol, qui est chez nous, dans le théâtre de la ville. C’est émotionnel, c’est émouvant et c’est difficile à accepter quand ça tire à sa fin, dit Pierre Robichaud.

Les musiciens de 1755 en répétition sur la scène du théâtre Capitol, en octobre 2025.
Photo : Radio-Canada / Alain Arseneau
Vieux de la vieille, Pierre Robichaud, Roland Gauvin et Ronald Dupuis faisaient partie du groupe dès les débuts. Choisir de quitter la scène 2025, c’était une façon d’avoir une mainmise sur le temps qui fait son œuvre.
On vieillit. Un moment donné c’était ça, il fallait décider du destin avant que le destin décide pour nous autres, partage Pierre Robichaud. C’est dur ceci. On est une famille.
Mais au niveau des émotions, Roland Gauvin ne le nie pas : c’est les montagnes russes.
On est juste chanceux que ça ait duré si longtemps [...] J’ai hâte d’être sur scène et livrer le spectacle, dit-il. Après ça, ce seront juste de beaux souvenirs.
Moi je suis juste fier qu’on joue au Capitol. Je suis fier pour le groupe qu’on a 5 soirs sold out. C’est un honneur, ça me fait du bien de penser qu’on peut faire ça dans la ville qu’on reste dedans, clame pour sa part Ronald Dupuis. On a des invités, ça va être une soirée incroyable.
Une grande famille
En 48 ans de formation musicale, d’autres musiciens ont été membres du groupe 1755 au fil du temps. Parmi les autres membres fondateurs, il y avait Donald Boudreau, Kenneth Saulnier et Gérard Forest.
Il y a aussi le « parolier » de la bande, Gérald Leblanc, qui a entre autres écrit plusieurs des succès du groupe, dont Le monde a bien changé, La rue Dufferin et Boire ma bouteille.
Au cours des années, Paul Hébert et George Belliveau se sont aussi ajoutés au groupe pour d’autres tournées, entre autres.

Gérald Leblanc est considéré comme un poète majeur de la littérature acadienne. Il a écrit plusieurs succès du groupe acadien mythique 1755. (Photo d'archives)
Photo : Auteur inconnu
Maintenant, et sur scène cette semaine, c’est Jean-Luc Boudreau, Robert Leblanc et Jean-Simon deCoste qui complète la formation musicale actuelle.
Originaire des îles de la Madeleine, Jean-Simon deCoste est le cadet du groupe. Il a rencontré Pierre Robichaud lorsque, déjà petit, il jouait du violon et écoutait du 1755. Il m’a vu grandir avec mon instrument, on a joué ensemble dans des événements, raconte-t-il.
Des décennies plus tard, intégrer le groupe est un honneur pour lui. Ça m’a pris un bout avant de le croire. C’était irréel pour moi. Comme un petit jeune qui allait jouer dans la ligue nationale, illustre-t-il.
Il est triste que l’aventure se termine. Les cinq derniers spectacles qu’on va faire, je pense que ça va être quelque chose de gros.

De gauche à droite : Jean-Simon DeCoste, Robert Leblanc, Jean-Luc Boudreau, Pierre Robichaud, Ronald Dupuis et Roland Gauvin.
Photo : Radio-Canada / Alain Arseneau
Jean-Luc Boudreau a pour sa part rejoint 1755 en 2017 et se rappelle de son excitation à ce moment. Il était content et il l’est encore, neuf ans plus tard.
La fin, je vais prendre ça dur, admet-il. J’aimais vraiment ça puis on est attaché avec la gang. On va rester amis, mais ça va être émotionnel. J’ai hâte de faire les spectacles au Capitol. Ça va être des bons shows.
Robert LeBlanc — qui est le deuxième cousin de Roland Gauvin — a dans un premier temps travaillé comme technicien pour 1755, vers la fin des années 1970. Il joue maintenant la basse.
C’est un privilège de jouer avec eux autres, affirme-t-il. Ce n’est pas facile de voir que ça arrive fini. On a encore beaucoup de plaisir à jouer.
Électriser l'Acadie depuis les années 70
Les membres fondateurs du groupe ont commencé à jouer ensemble dans les années 1970, dans un contexte où la scène musicale francophone était quasiment inexistante et les tensions élevées aux sud-est de la province avec les anglophones.
Il y a des soirées qu’on se faisait crier après speak white et il y avait du monde qui voulait nous battre dans le parking.
Outre les premiers mois difficiles, performer dans des lieux où les gens se rencontrent le vendredi soir a créé un bourdonnement selon lui. Les musiciens gagnent de plus en plus en popularité.

Le logo mythique du groupe de musique 1755 a été créé par l'artiste Herménégilde Chiasson dans les années 1970.
Photo : Radio-Canada / Alain Arseneau
On avait une énergie, on avait une fougue et un moment donné, on a vu l’électricité qui se créait autour de nous autres. Ça nous a donné l’énergie et on voulait aller de l’avant. On voulait donner et on voulait aller le plus loin possible, se rappelle Pierre Robichaud.
Trois semaines avant l’enregistrement de leur premier disque à Montréal, Ronald Dupuis rejoint le groupe comme batteur. Les répétitions ont d’ailleurs lieu au théâtre Capitol, à un moment où la salle de spectacle est abandonnée.
On était les seuls dans la bâtisse, il ne faisait pas chaud, rigole Roland Gauvin.
Après plusieurs spectacles et une pause de quelques années, les membres fondateurs de 1755 remontent sur scène au Colisée de Moncton 1994 lors du premier congrès mondial acadien. Un moment charnière pour le groupe.
C’est des gens qui nous avaient connus au tout début dans les bars et qui avaient leurs enfants qui étaient là. Il y avait déjà peut-être deux générations […]Tout le monde était sur le buzz du congrès, dit Roland Gauvin.
Le gérant nous a dit que c’était la plus grosse foule qu’il avait eue au Colisée, tous artistes confondus, raconte Pierre Robichaud. C’était magique, on est tous d’accord là-dessus, c’était un gros highlight.
Parti de cette lancée, plusieurs spectacles ont été réservés par la suite pour 1755, et ce, jusqu’au 2025.
Le groupe a souvent été le visage des célébrations entourant la fête nationale dans de multiples régions et a performé chaque été et presque tous les 15 août. Les étés pour moi, ça a toujours été réservé pour 1755, confirme Roland Gauvin. Le 15 août c’est une journée sacrée.

Le dernier spectacle du 15 août de 1755 a eu lieu à Dieppe l’été dernier devant une foule de 20 000 personnes.
Photo : Gracieuseté : Véronique Thibodeau
Roland Gauvin souligne que faire les derniers spectacles dans une salle plus conventionnelle permet à une certaine démographie de venir les voir.
48 ans passés quand on a commencé à jouer dans des bars, il y avait des gens qui avaient mon âge. Ces gens-là ne sont plus là ou sont dans des villas et ne peuvent plus se déplacer ou n’iront pas dans des spectacles de festival, Le Capitol permettra à ces gens-là de pouvoir venir, explique-t-il.
Appel aux gardiens de la langue
Pour ce qui est de l'avenir de la scène musicale acadienne, Pierre Robichaud se dit fier de la relève. Il n’y a jamais eu autant d’artistes acadiens qui sont aussi populaires hors de l’Acadie, rappelle-t-il.
Ce qui l’inquiète un peu, c’est l’état de la langue française en Acadie. Ils invitent les jeunes générations à ne rien tenir pour acquis.
Même son de cloche pour d'autres membres du groupe.
Je trouve qu’il devrait y avoir une certaine reprise de conscience pour ne pas que ça se perdre dans la langue française, surtout dans le sud-est du Nouveau-Brunswick, note par exemple Roland Gauvin. L’assimilation est forte et ça vient de tous les bords […] J’encourage tous les Acadiens de continuer à parler leur langue et de s’exprimer en français.

Pierre Robichaud, Ronald Dupuis et Roland Gauvin ont mis de l'avant la fierté de chanter et de fêter en français avec 1755.
Photo : Radio-Canada / Alain Arseneau
Le groupe se dit toutefois persuadé que la relève reprendra le flambeau de la fierté de la langue française et de la culture acadienne.
C’est la fin de 1755, mais individuellement on va continuer à faire des choses et continuer à véhiculer le message. Je suis confiant que l’Acadie est bien. Ce qui nous réjouit c’est que nos chansons ne peuvent jamais mourir, note Roland Gauvin.
Pierre Robichaud joint sa voix à la sienne : Notre musique reste, conclut-il.
Avec des informations d'Anne-Marie Parenteau

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7 months ago
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