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Les mille vies du chanteur innu Florent Vollant

8 months ago 56

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Du pensionnat où il découvre la musique via un petit xylophone, en passant par la montée fulgurante du groupe Kashtin dont l’essor est brisé par la crise d’Oka, sans oublier un AVC qui l’a forcé à réapprendre à chanter : la vie du chanteur innu Florent Vollant fait l’objet d’un documentaire intimiste qui arrive sur nos écrans ces jours-ci.

Espaces autochtones s'est entretenu avec la réalisatrice Isabelle Longnus, qui a passé plusieurs années dans le sillage de ce pionnier de la musique autochtone.

Je suis venu au monde sous la neige, dans l’immensité. Je n'avais ni froid ni faim. Jamais. Mes parents m’ont protégé. Mon père connaissait le territoire.

Le documentaire Florent Vollant : Innu débute par la voix feutrée du chanteur, tandis que le spectateur survole l’immensité du Labrador, terre natale de l’homme qui fêtera ses 66 ans la semaine prochaine.

Quand elle entame les trois années de tournage qui allaient mener à la conception du documentaire sur son ami depuis plus de 7 ans, la metteure en scène et réalisatrice Isabelle Longnus n’imaginait pas encore la portée que prendrait ce film.

Initialement, elle avait comme mission de raconter les coulisses de la création de Tshitatau (2024), premier album du chanteur innu depuis l’accident vasculaire cérébral subi en avril 2021. Un an après, lors du premier jour de l’enregistrement de l'album, la réalisatrice est présente dans le studio de musique de Mani-utenam où rien n’est encore certain, car le chanteur a dû réapprendre à parler, à chanter et à se mouvoir.

Au début, j’y allais surtout pour le retrouver et voir comment il allait. Je le découvre affaibli et en marchette, mais avec un grand sourire aux lèvres : l’artiste était vivant.

Deux personnes sur une plage posent pour la photo en souriant.

Florent Vollant et Isabelle Longnus lors du tournage du documentaire sur le chanteur innu.

Photo : Alexandre Bussière

C'est à ce moment-là que la décision de faire un documentaire a été définitivement prise.

Dans ce film en forme de testament (Isabelle Longnus préfère le terme de bilan), Florent Vollant confie notamment comment la musique a servi de moteur à une vie qui ne s’est pas déroulée en ligne droite.

La première cassure vient quand les robes noires et la GRC convainquent les parents du village de les laisser emmener tous les enfants au pensionnat de Mani-utenam, 300 km plus au sud. L’idée derrière le pensionnat, c’était de tuer l'Indien dans l’enfant [...] Chacun l’a vécu différemment, mais nous, on n’en a jamais parlé à nos parents ou entre nous, a confié à la réalisatrice le chanteur innu, qui a vécu là-bas entre l’âge de 5 et 13 ans.

Heureusement, la découverte d’un xylophone jouet lui sert de bouée de sauvetage. C’est avec cet instrument et son livret que j’ai découvert la musique : je suivais les couleurs qu’il y avait sur le livret et ça faisait une mélodie. Quand je les ai toutes apprises par cœur, j’ai essayé d’inventer des mélodies et c’est avec ça que je me suis créé un monde, confie Florent Vollant dans le documentaire.

Après j'allais dans la chapelle écouter les religieuses chanter, puis je me suis joint à la chorale, j’ai découvert les chants grégoriens.

La musique, c’était un moyen de m’évader et je me suis évadé longtemps.

À sa sortie du pensionnat, une nouvelle vie commence. Une vie où les parents, marqués par l’absence de leurs enfants, ont souvent sombré dans l’alcool et où les liens se sont distendus. On n’avait plus le même langage, mes parents continuaient de parler de forêts, de montagnes, d’immensité. Puis moi, je parlais de livres, de crayons. Il y avait un fossé qui s’était établi avec eux.

Ceux qui connaissent bien Florent Vollant seront surpris de le voir se confier autant devant la caméra. C’est que la réalisatrice et metteure en scène avait auparavant collaboré à la mise en images de trois de ses chansons (nouvelle fenêtre) : la connexion artistique était donc déjà présente entre les deux artistes.

Je n’ai jamais eu à convaincre personne, même pas sa famille qui s’était resserrée autour de lui après son accident, explique Isabelle Longnus. J'ai juste eu besoin d’expliquer où je m'en allais avec le documentaire : ce qui m'intéressait, c’était d’aller chercher l’homme derrière le musicien; qu’on découvre le père, l’époux et le membre de la communauté.

Isabelle Longnus peut dire mission accomplie : les liens qu’entretient Florent Vollant avec ses proches, mais aussi avec la communauté de Mani-utenam et avec le territoire, se racontent avec profondeur et retenue.

J’ai voulu faire un film au rythme des saisons, un film tout en lenteur au rythme des pas de Florent Vollant, qui avait l’habitude d’écrire ses chansons en marchant sur le territoire.

Marseillaise d’origine vivant en Colombie-Britannique depuis 17 ans, Isabelle Longnus décrit le séjour au Labrador, pour tourner certaines images, comme un moment déterminant pour l’écriture du film.

C’est là que j'ai totalement compris que le territoire est à lui, est à eux. C’est une connexion incroyable; le silence est d’une légèreté étonnante, raconte-t-elle. C’est aussi le Labrador qui livrera l’une des scènes les plus poignantes du documentaire, qu’on se gardera toutefois de vous décrire.

Durant le tournage, Florent Vollant raconte lui aussi comment le territoire est sa muse. Les chansons que je fais sont souvent rythmées par l’immensité… J’ai la chance de vivre sur un territoire immense où il y a de belles chansons.

Deux personnes assises sur un tronc d'arbre échoué sur une longue plage de sable fin.

Florent Vollant avec l'une de ses filles, sur la Côte-Nord.

Photo : Maison 4:3

Victime collatérale de la crise d'Oka

Au-delà du poète, on découvre aussi, grâce à la caméra d’Isabelle Longnus, le Florent Vollant activiste. Même diminué physiquement, il milite par exemple pour l’instauration de quotas de 5 % de musique autochtone à la radio.

Il faut dire que l’ancien chanteur de Kashtin connaît bien les conséquences de l'invisibilisation des Autochtones dans les médias. Dans la foulée de la crise d’Oka, en 1990, son groupe Kashtin est censuré par les radios, alors que quelque temps auparavant, son comparse Claude McKenzie et lui étaient les chouchous des ondes musicales au Québec.

Avec tous les soubresauts de vie qu’il aura eu à affronter jusqu’ici, et malgré une santé chancelante, Florent Vollant reste optimiste : Comment ça va? Ça va lentement! Je me trouve chanceux, car même à la fin de cette histoire, il va rester ma musique. Je ne vous laisserai pas tout seuls.

Malgré cette fin de documentaire en forme d’épilogue doux-amer, Isabelle Longnus se veut rassurante : Florent Vollant a encore plein de projets en vue.

De son côté, outre la promotion du film qui sera diffusé dans plusieurs cinémas du Québec, Isabelle Longnus travaille à l’écriture d’un film de fiction, histoire de se renouveler en faisant quelque chose de différent. Mais ce film va rester dans mon cœur, car il vient du cœur, conclut-elle.

Florent Vollant : Innu est diffusé le 8 août, à 19 h 30, au Théâtre Outremont dans le cadre du festival Présence autochtone. Il sera en salle dès le 22 août dans plusieurs villes du Québec.

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