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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayC’est un endroit considéré comme un temple de la culture et des arts aux États-Unis. Situé en bordure de la rivière Potomac, à Washington, le mémorial vivant dédié à John F. Kennedy pour souligner son engagement envers les arts a été « profané », jugent des artistes, des militants et des élus qui ont choisi de contre-attaquer.
C'est en décembre dernier que le nom de Donald Trump a été ajouté au-dessus de celui de l’ancien président John F. Kennedy sur la façade de l’énorme édifice en marbre blanc.
Terry Leonino se souvient du moment où elle a aperçu pour la première fois ces grandes lettres apparues sans avertissement. C’est une profanation! Ça m'a retourné l'estomac, raconte-t-elle. Quand on est passés en voiture et qu'on l’a vu, je me suis dit : "Oh mon Dieu!" explique la chanteuse et musicienne du groupe folk Magpie.
Nous avons décidé que nous ne pouvions tout simplement pas y entrer, explique son conjoint et membre du groupe, Greg Artzner.
Pour protester contre le changement de nom, Magpie a décidé d’imiter d’autres artistes et d’annuler son apparition prévue au Kennedy Center. Par leur résistance, ces artistes ont créé un piquet de grève imaginaire. Et on ne franchit pas un piquet de grève, souligne Greg Artzner.
Terry Leonino considère que Donald Trump a souillé l’héritage de John F. Kennedy, une figure emblématique des arts, digne de respect.

Terry Leonino et Greg Artzner, du groupe folk Magpie. Cette formation a choisi d'annuler son concert au Kennedy Center.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Ils présenteront un concert parallèle avec des artistes locaux dans une autre salle de Washington. Le groupe répète une nouvelle composition qui sera présentée lors de ce spectacle. C’est une chanson en hommage à un des enfants de Renee Nicole Good, cette mère tuée par un agent de l’ICE à Minneapolis.
Pour ces artistes actifs depuis les années 1970, le combat dépasse la culture. C’est aussi un acte de résistance face à une administration jugée autoritaire.
Riposte et poursuite
En plus de la riposte artistique, une contre-attaque juridique s'est mise en branle pour contester le changement de nom. Une représentante démocrate de l'Ohio, Joyce Beatty, mène la charge. Une action en justice a été lancée. Seul le Congrès peut décider de rebaptiser ce centre culturel et non le conseil d’administration contrôlé par Donald Trump, fait-elle valoir.
Ce qu’il a fait est illégal, martèle cette élue démocrate.
Membre d’office du conseil d’administration, elle n’a même pas pu exprimer son désaccord lors de la réunion où a eu lieu le vote, en décembre. Je n'ai pas été autorisée à parler, car ils ont éteint mon microphone, explique-t-elle en entrevue à Radio-Canada.
Quarante-huit heures plus tard, le nom de Donald Trump était installé sur l’édifice.
Et cette saga ne fait que commencer. Le président a annoncé que le Kennedy Center fermera ses portes l’été prochain pour deux ans, le temps de mener des rénovations majeures de 200 millions de dollars américains.
Des experts s’inquiètent pour l’intégrité patrimoniale de cet édifice. Des opposants y voient une diversion de Donald Trump pour sauver la face et pour faire oublier les ventes de billets désastreuses depuis qu’il a mis la main sur cette institution, il y a un an.
Cet avis est partagé par la démocrate Joyce Beatty. C’est uniquement parce que les mécènes et les donateurs se retirent, croit-elle. Le projet de rénovations pourrait lui aussi faire l’objet de poursuites.
Les actes de résistance se multiplient
Par une froide soirée de février, un petit groupe de militants a trouvé une manière d’afficher – en grand – son opposition.
Un homme équipé d’une lampe projette des images sur les énormes murs blancs de l’édifice.
Libérez Washington! peut-on lire sur l’une d'elles. Une autre représente Melania Trump, l’épouse du président, comme Marie-Antoinette. Finalement, une petite paire de mains est projetée avec les mots Pas touche aux arts!, une moquerie à propos de la taille des attributs de Donald Trump.

Des militants ont projeté des images sur les murs extérieurs du Kennedy Center pour protester contre la prise de contrôle de Donald Trump.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Tout est photographié et servira à une campagne de mobilisation menée par le groupe Hands Off The Arts sur les réseaux sociaux.
Parmi le groupe, ce soir-là, se trouve Mallory Miller, une ancienne employée du Kennedy Center autrefois responsable de la programmation de danse. Tout son département a été brutalement congédié l’été dernier.
Beaucoup d'entre nous avions travaillé très dur pour en arriver là. Nous étions tous très fiers de ce que nous avions accompli et c'est donc vraiment triste de voir ça. L'âme de cet endroit a complètement disparu, raconte-t-elle.
Quand il est revenu au pouvoir et a pris le contrôle de l'institution, Donald Trump reprochait aux administrateurs une programmation qu'il jugeait woke ainsi que leur mauvaise gestion.
La nouvelle administration manque d'expérience, juge Mme Miller, qui a constaté un virage.
La nouvelle programmation est principalement axée sur la religion avec des films à thématique chrétienne et un spectacle de Noël qui retrace la Nativité et l'Évangile de Jésus.

Une œuvre en bronze représente John F. Kennedy dans le hall du centre culturel qui porte son nom.
Photo : Radio-Canada / Louis Blouin
Fréquentation en chute libre
Depuis un an, les membres du public, pas seulement les artistes, ont exprimé leur désaccord.
Les ventes de billets se sont effondrées d'environ 50 %, rapportent des médias américains.
Ceux qui continuent de venir écouter les artistes qui s’y produisent sont déchirés. Judy et Ted sont là pour entendre l’orchestre symphonique. La décision de s'y rendre n’a pas été facile.
Nous avons longuement hésité à venir, mais nous en sommes venus à la conclusion que ces musiciens ont un véritable talent et prennent plaisir à le partager. Je ne veux pas les priver de cette joie ni me priver de la mienne, explique Judy.
Même son de cloche de la part de Colin, un autre spectateur. Le plaisir que je tire de la musique dépasse Trump. Je ne le laisserai pas m'empêcher d'écouter Chostakovitch. Pourquoi le laisserais-je gagner? demande-t-il.
Comme on dit en latin : l’art est long et la vie est courte, résume-t-il.

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2 months ago
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