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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayPour la grande majorité d’entre nous, une trame sonore accompagne notre quotidien au rythme des tâches que l’on accomplit. Imaginons une journée typique pour une personne lambda que nous appellerons Léa.
Chaque matin à son réveil, Léa écoute la radio en prenant son café. Au moment de quitter la maison, elle installe ses écouteurs. Sa musique favorite lui diffuse un sentiment joyeux dont elle s'imprègne tout au long de son trajet en autobus. Une fois arrivée à son bureau, elle change de registre musical en ouvrant son ordinateur. Elle choisit une musique calme, minimaliste et un peu répétitive qui la gardera concentrée pour faire son travail de rédaction.
Son voisin de bureau, Max, vit avec un trouble de déficit de l’attention sans hyperactivité (TDA). Devant la pile de dossiers à lire, Max a vraiment besoin de se couper de toutes sources de distractions extérieures et maintenir son attention sur son travail. Grand amateur de jeux vidéo, il lance une trame de Skyrim où se mêlent musique orchestrale et sons de la nature.
Près d’eux, il y a Amé qui souffre de misophonie. Alors que d’autres dans sa condition ne peuvent supporter le bruit des touches de claviers d’ordinateurs ou de sacs qui craquent, Amé souffre littéralement d’entendre son voisin mastiquer, boire et faire d’autres bruits en mangeant son petit-déjeuner à son bureau. Elle prend rapidement ses écouteurs en espérant qu’un bruit blanc ou un ASMR puisse couvrir ces sons indésirables qui prennent toute la place.
Si tous ces styles sonores favorisent la concentration, comment se fait-il que le bruit blanc d’Amé génère un inconfort chez Léa, que l’orchestration de la musique de Skyrim de Max est un peu trop intense pour Amé et que le lofi de Léa est en train d’endormir Max?
La musique comme le café
Pour tenter de trouver des éléments de réponses sur les effets de la musique sur notre cerveau, je me tourne vers la neuropsychologue et professeure titulaire au département de psychologie de l'Université de Montréal, Nathalie Gosselin. On a du mal à se faire une idée claire en lisant les revues de la littérature qui ont été faites, me confirme-t-elle d’emblée. Mais, à partir de recherches menées par la candidate au doctorat en neuropsychologie clinique Kelly-Ann Lachance auprès de 434 jeunes âgés de 17 à 30 ans, on arrive à des éléments de réponse.
Selon Nathalie Gosselin, il ressort de la recherche qu’il y a trois grands facteurs qui entrent en ligne de compte. Ça peut dépendre du type d'activité [...] exigeante sur le plan cognitif versus moins exigeante sur le plan cognitif. Il y a aussi les caractéristiques individuelles, comme le fait d’être neurotypique, de vivre avec un TDA avec ou sans hyperactivité ou le fait d’être musicien.
Lorsque l’activité est exigeante sur le plan cognitif, comme étudier, rédiger, la plupart des répondants préfèrent écouter de la musique relaxante, donc qu'on pourrait décrire comme étant apaisante et un tempo plutôt lent, la musique instrumentale qu’ils connaissent, qui est familière et qu’ils ont choisie eux-mêmes. C’est le cas de Léa.
Lorsque l’activité demande moins de ressource de concentration, comme faire du sport, faire la vaisselle, la tendance était plutôt pour la majorité d’écouter de la musique plutôt stimulante, donc active; par exemple avec un tempo plus rapide, avec paroles, mais aussi familière et choisie par les personnes elles-mêmes. La neuropsychologue ajoute que ce portrait s’applique à la majorité des répondants.
Une des hypothèses, c'est que la musique pourrait avoir un caractère pour augmenter la motivation, augmenter l'activation physiologique, un peu comme un café pourrait avoir.
Des cerveaux différents
Les résultats de recherches révèlent également des différences avec des personnes qui ont reçu un diagnostic de TDAH. Elles auront plutôt tendance à choisir une musique stimulante pour leurs activités cognitives.
Est-ce que ça nous a surpris? Oui et non, confie la neuropsychologue, considérant que ces personnes ont généralement un besoin accru d’activation pour faciliter leur concentration. Elle prend pour exemple les personnes qui disent : moi, faut que j'aille dans une cafétéria, faut qu’il y ait quelque chose qui bouge autour de moi, pour me mettre plus facilement à l'action.
Quand la musique interfère
À son retour du travail, Amé a envie de se détendre en conduisant son auto. Adepte de hip-hop, elle joint sa voix à celle de Loud : … Toutes les femmes savent danser… Soudainement, le trafic ralentit, une étrange odeur de brûlé se fait sentir. Instinctivement, Amé baisse le volume de la radio pour repérer d’où provient cette odeur. Sur l’accotement, elle aperçoit une fumée qui se dégage d’un véhicule en panne, des gens s'activent pour régler la situation. Tout semble sous contrôle. Amé remonte le volume et poursuit sa route. Une fois arrivée à la maison, son conjoint cuisine en écoutant Charlotte Cardin. Leur fille, qui aime vraiment beaucoup Charlotte Cardin, lui demande tout de même de baisser le volume alors qu’elle s’apprête à écrire un texte pour sa classe de français du lendemain.
Il y a un grand chercheur qui s'appelle Baddeley, qui est une des personnes influentes en psychologie cognitive, en neuropsychologie sur la mémoire de travail, explique Nathalie Gosselin pour décrire les différentes situations. C’est la mémoire qui nous permet de manipuler l'information dans notre tête pour effectuer une tâche. [...] Quand on rédige, si la musique a des paroles, ça pourrait venir interférer avec les tâches à effectuer.
À la lumière de ces explications, on comprend bien que les chansons avec paroles peuvent déconcentrer plus qu’autre chose. Mais, quel est le lien entre sentir quelque chose d'anormal et le fait de baisser le volume de la radio comme l’a fait Amé en conduisant?C'est dans le but d'avoir le plus de ressources cognitives sur l'élément [qui nécessite d’être identifié], explique la professeure. Elle fait référence à ce qu’on appelle l’attention divisée, la capacité à être attentif à plusieurs choses en même temps. Dans certains cas, une activité doit être abandonnée au profit de celle qui demande plus de ressources.
Alors, si l’on revient à notre question de départ : quelle est la meilleure musique pour garder notre concentration?, la neuropsychologue et professeure titulaire au département de psychologie de l'Université de Montréal, Nathalie Gosselin répond : Bien je ne le sais pas. La meilleure personne pour le juger c’est probablement vous. Car, en fin de compte, tout comme Léa, Amé ou Max, cette musique qui vous aide, vous la connaissez bien, elle vous est familière et surtout, c’est vous qui la choisissez.

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8 months ago
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