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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayAvec Rose, dont il signait le livret et la musique en 1992, l’auteur et compositeur cri Tomson Highway souhaitait redonner voix à toutes les femmes des premiers peuples. Ces voix, elles seront portées par des artistes autochtones des quatre coins du territoire, dans une première production professionnelle de son drame musical, présentée au Centre national des Arts (CNA) du 25 mars au 4 avril.
Quelque 20 ans avant l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées lancée en 2016, Tomson Highway dénonçait déjà cette violence dans Rose. Ce drame musical s’inscrit dans son cycle de la réserve, incluant The Rez Sisters, sa relecture des Belles-soeurs de Michel Tremblay.

Plus de 25 après avoir écrit et composé le drame musical «Rose», Tomson Highway en verra une première production professionnelle au CNA, dès le 25 mars prochain.
Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard
Rose raconte notamment le bras de fer entre Chief Big Rose et Big Joey dans la réserve fictive de Wasaychigan Hill. À titre de chef, la première aspire à améliorer le sort des siens, de l’accès à l’eau aux services médicaux. Le second espère plutôt s’en mettre plein les poches en réquisitionnant la salle communautaire, utilisée majoritairement par les femmes, pour agrandir son casino.
La Rose du titre, quant à elle, hante l’esprit des femmes qui l’ont côtoyée (surtout celui d’Emily) et qui réclament leur place au sein de leur communauté. Or, pendant que certaines revendiquent cette place en chevauchant fièrement leur moto, par exemple, d’autres continuent de vivre dans la peur et d’encaisser les coups et menaces des hommes évoluant autour d’elles.
C’est peut-être le temps pour nous de redonner le droit de parler dans cette conversation conjugale à l’épouse, à la maman, parce qu’autrement, on va mourir.
Le septuagénaire cri, qui a grandi au nord du Manitoba et est établi à Gatineau depuis plusieurs années, expose ainsi la bataille entre féminité et masculinité.

Des séances de lecture du texte ont permis à Tomson Highway et au metteur en scène Kevin Loring (à gauche sur la photo) d’échanger sur la création de «Rose».
Photo : Offert par le Centre national des Arts / Pat Bolduc
Je me suis demandé toute ma vie pourquoi le Dieu masculin est tellement exigeant, trop souvent tellement agressif et cruel, explique celui qui a dû quitter sa famille à six ans pour poursuivre ses études dans un pensionnat chrétien. Chez nous, pour nous, le Dieu principal, central dans notre imagination, dans notre cosmologie, c’est une femme.
Pour lui, Rose trace donc le développement de la mort du Dieu masculin et la renaissance de son épouse.
Opéra, motos, paillettes et casino

Les interprètes Melody McArthur, Patricia Cano et Brefny Caribou dans un numéro de «Rose».
Photo : Offert par le Centre national des Arts / Curtis Perry
Le pianiste classique de formation s’avère par ailleurs absolument fasciné par l’opéra italien, dans lequel il y a toujours une femme au sein de l’histoire qui est abusée ou tuée par le héros [...] et le héros s’échappe, note-t-il.
Tomson Highway voulait renverser la situation, y compris en passant par une savoureuse dose d’humour, tant dans le texte que dans l’aspect visuel de l’univers qu’il met de l’avant dans Rose.
Il utilise ainsi divers symboles importants pour rendre compte de ce drame, tout en le désamorçant par un sourire en coin, voire un éclat de rire.

L’artiste crie et anishinabe (saulteaux) Renae Morriseau interprète Big Chief Rose.
Photo : Offert par le Centre national des Arts / Curtis Perry
À ses yeux, les motos et les vestes de cuir à franges de ses héroïnes renvoient à cette réappropriation par les femmes d’emblèmes plus traditionnellement associés aux hommes.
Les paillettes, plumes, bas résille et talons hauts de Rose évoquent les showgirls de Las Vegas et ses casinos. Les casinos qui demeurent également une nécessité économique pour certaines communautés autochtones.

Le pianiste et compositeur Tomson Highway insère quelques airs connus de la chanson française et des cabarets allemands dans la trame musicale de «Rose».
Photo : Radio-Canada / Valérie Lessard
Les chansons écrites (en cri et en anglais) et composées pour Rose sont l’occasion aussi pour Tomson Highway d’inclure des clins d'œil aux musiques de cabarets berlinois d’une autre époque. Ou encore à La vie en rose d’Édith Piaf, souligne le musicien en interprétant quelques airs à son piano.
Cette première mondiale d’une production professionnelle de Rose survient plus de 25 ans après une première version mettant en vedette des étudiantes et étudiants en théâtre de l’Université de Toronto, en 1999.
Personne voulait jouer mes pièces, parce que c’était comme bizarre, lance Tomson Highway les yeux moqueurs.
Si, la vingtaine de rôles seront cette fois tous défendus par des artistes autochtones, cela relevait d’une mission impossible, dans les années 1990.
À l’époque, le Théâtre autochtone [du CNA] n’existait pas, fait-il valoir.
Outre Patricia Cano, collaboratrice de longue date de Tomson Highway, la distribution inclut Émilie Monnet, qui a grandi dans le secteur d’Aylmer, et l’Ottavienne Josée Bourgeois, membre de la Nation algonquine.
En réunissant 20 interprètes et un sextuor de musiciens sur scène, Rose représente la plus imposante production du Théâtre autochtone depuis sa création en 2019.

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1 month ago
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