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Shauit, l’Innu qui fait danser les langues et les frontières musicales

8 months ago 62

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Originaire de Mani-utenam, sur la Côte-Nord, Shauit s’impose depuis plus de 20 ans comme une voix singulière de la musique autochtone au Québec. Entre reggae, dancehall, folk et soul, il façonne un univers où l’innu-aimun, sa langue maternelle, pulse au rythme du monde.

Ses chansons, à la fois profondément ancrées dans sa culture et ouvertes aux influences d’ailleurs, l’ont mené des rives du Saint-Laurent aux scènes internationales. Samedi soir, il se produit au Festival Présence autochtone à Montréal.

Dans son appartement du quartier Rosemont, l’auteur-compositeur-interprète, de son vrai nom Jean-Eud Bourdage Aster, nous accueille chaleureusement. Assis à la table de sa cuisine, il sourit avant de se présenter : Shauit, c’est mon nom d’artiste, mais aussi mon nom de tous les jours. En innu-aimun, ça veut dire Jean-Eud.

L’homme de 49 ans à la carrure imposante et au regard franc se décrit comme un créateur aux multiples empreintes, bien implanté dans ses racines tout en restant curieux de toutes les sonorités du monde. Sa première guitare, il l’a reçue à 13 ans, point de départ d’un parcours musical qu’il n’a jamais cessé de nourrir. J’apprenais surtout à chanter les chansons d’autres artistes en langue innue, se souvient-il.

Il donne son premier spectacle à 21 ans, en 1997, mais la carrière tarde à prendre son envol. Ça a été un lent départ. Mon deuxième show n’a pas tout de suite été suivi d’un plan de carrière.

En 2004, il fait ses débuts avec un album semi-professionnel au mélange inédit de reggae et de rap. Le véritable déclic se produit en 2007, lors d’une collaboration avec le chanteur anichinabé Samian, qui mène à la sortie de l’album remarqué Apu Peikussiak. Trois titres en commun et une complicité artistique achèvent de le convaincre de faire de la musique son métier, malgré les défis liés à sa vie de famille.

Je me demandais ce que ça allait impliquer. Les absences, l’instabilité… Ce n’est pas une industrie où tu es certain de réussir. Après une année sabbatique pour réfléchir, il décide de foncer. Je me suis dit : j’ai un talent musical, alors pourquoi ne pas l’exploiter au maximum? Depuis, je n’ai jamais arrêté, dit-il en riant.

Derrière sa voix chaude et ses rythmes chaloupés se cache une profonde quête identitaire. Shauit grandit chez son père, loin de sa communauté, dans un village francophone près de Victoriaville où il ne parle que français. Enfant, il demande à son père de lui acheter une guitare.

C’est là que mon lien avec la musique a vraiment commencé, confie-t-il. Avant de se tourner vers les cordes, il avait déjà appris la trompette pour jouer dans les fanfares du village.

Enfant, je savais que j’étais un "Indien". Quand je regardais Lucky Luke, je me voyais du côté des tipis, parmi les Autochtones. Mais je ne savais pas encore si mon camp portait le nom de montagnais ou d’innu.

Ce n’est qu’à l'adolescence, lorsqu’il retourne vivre auprès de sa mère, qu’il entreprend de réapprendre l’innu-aimun. Je savais que j’étais autochtone, mais je ne connaissais pas ma langue. C’était important pour moi de retourner à mes racines parce qu’à l’époque, je pensais qu’être innu, c’était parler l’innu-aimun.

Il se plonge dans l’apprentissage, avec le sentiment d’un manque à combler. Tous mes amis, mes cousins et cousines parlaient innu-aimun. Ça me manquait vraiment.

Il se met d’ailleurs à chanter en innu-aimun avant même de le parler couramment. Sa mère lui transcrit les paroles, qu’il apprend par cœur, peaufinant sa prononciation au fil des répétitions. J’avais déjà l’oreille pour les sons, mais il m’a fallu du temps pour vraiment maîtriser la langue, puisque je ne passais que mes étés à Maliotenam.

Et l’innu-aimun ne manque pas de subtilités. Par exemple, grande sœur se dit nimish et poisson namesh, une confusion qui prête à sourire dans un peuple connu pour son humour. Au début, j’avais peur de me tromper, de me ridiculiser, mais chez les Innus, se tromper, c’est aussi montrer que tu veux apprendre. Les gens m’ont beaucoup aidé.

Cette reconquête linguistique est aussi un engagement politique et culturel. L’innu-aimun se perd. Les jeunes parlent de plus en plus français. Même moi, je n’ai pas réussi à le transmettre à mes enfants, déplore-t-il.

Un homme sur le bord de la plage avec sa guitare.

Shauit

Photo : Radio-Canada

Le tambour, les rêves et le reggae

Sur scène, entre deux chansons, Shauit prend le temps de raconter. La fabrication des tambours (teuikan), la signification des chants, le rôle des rêves… Chez les Innus, beaucoup de chants sont venus en rêve. Les rêves sont écoutés et respectés.

Il rappelle aussi l’histoire douloureuse de la colonisation et comment les missionnaires jésuites ont brûlé les tambours, en disant que c’était les instruments du diable.Ils nous ont donné des instruments "God approved" : violons, accordéons, guitares. On les a adoptés, mais on a gardé nos rythmes.

Shauit se nourrit autant de cette mémoire que de ses influences musicales venues du Sud : reggae, reggaeton, afrobeat, musiques latines. La musique, c’est universel. Ce qui m’a toujours attiré, ce sont les musiques chaudes, dansantes. Je suis allé chercher ça ailleurs et je l’ai ramené dans nos communautés.

Il reste toutefois profondément attaché aux sonorités autochtones de sa région, qui ont façonné sa signature musicale. Parmi ses influences, il cite Kashtin, les frères Grégoire – devenus Eshkan – ou encore Rod Pilot. Et il tient à mettre en lumière la relève ou des voix moins connues : Bill Saint-Onge, Tshishapeu, Sylvester Maloney-Metokosho. Il y a beaucoup de talents. Il faut les soutenir pour que nos langues et nos musiques continuent de voyager.

L’artiste n’hésite pas à conseiller les jeunes artistes qui veulent se lancer. Il insiste aussi sur la discipline, l’importance d’être à l’heure, d’adopter de bonnes habitudes de vie et surtout, de répéter, de répéter encore et encore. C’est un milieu où il faut travailler dur, persévérer, ne pas se laisser arrêter par un "non". J’ai mis des années à obtenir mes premières subventions, assure-t-il.

Pour Shauit, la musique est à la fois un pont et un ancrage. Un pont entre les cultures, grâce à ses mélanges de genres et de langues. Un ancrage dans son territoire et son identité innue. La musique, c’est ma façon de dire qui je suis. Et tant que j’aurai quelque chose à chanter, je vais le faire.

L’artiste innu a récemment signé son retour au reggae avec le récent titre C’est la fin de semaine. Après avoir exploré les musiques traditionnelles autochtones et québécoises, il retrouve les grooves chaleureux et les rythmes envoûtants qui font sa signature. Ce morceau festif ouvre la voie à un nouvel album en préparation.

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