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Un 2e album pour Angine de Poitrine, l’ovni musical qui fascine les experts

4 weeks ago 17

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Le duo saguenéen Angine de Poitrine, véritable phénomène qui dépasse les frontières, lance vendredi son deuxième album, Vol. II. Derrière les costumes fantasmagoriques, comment un groupe proposant une musique microtonale aussi pointue a-t-il réussi à conquérir autant d’adeptes? On en parle avec trois professeurs d’université, eux aussi fascinés par la sensation québécoise de l'heure.

Pierre Michaud, professeur agrégé en composition à la Faculté de musique de l'Université de Montréal (UdeM), a découvert Angine de Poitrine en 2025 dans une vidéo du duo en concert au Québec. Il a depuis écouté et réécouté sa prestation virale à l’émission Live on KEXP, qui compte aujourd’hui plus de 6 millions de visionnements sur YouTube.

Comme plusieurs internautes, il a d’abord été frappé par l’univers visuel du duo, à la fois absurde et étrangement inquiétant, avec ses costumes, ses rituels et le dialecte extraterrestre de Klek et Khn.

Après, mon oreille de musicien était intriguée au point où j’ai commencé à décortiquer plusieurs de leurs chansons pour comprendre ce qui se passait, explique le professeur et détenteur d'un doctorat en composition, qui est aussi chercheur-créateur et clarinettiste.

J’ai remarqué un niveau de complexité assez inouï, tant au niveau théorique qu’au niveau technique, que ce soit avec l’utilisation de la pédale de loop de manière très inusitée ou le rapport entre les deux musiciens sur scène.

Qu’est-ce que la musique microtonale?

Si la musique d’Angine de Poitrine peut sembler aussi complexe, et aussi déroutante, c’est parce qu’elle explose les codes conventionnels de la musique occidentale telle qu’on la connaît depuis plusieurs siècles, en utilisant des micro-intervalles.

Mais qu’est-ce que ça mange en hiver, des micro-intervalles?

Pour comprendre la microtonalité, il faut revenir à une notion de base de la théorie musicale : l'octave, soit l’intervalle entre deux sons, dont l’un a une fréquence deux fois plus élevée (ou plus basse) que l’autre.

En termes simples, c’est la distance entre une note et la même note plus aiguë ou plus grave, par exemple, d’un do au do suivant sur un piano.

Il y a plusieurs possibilités de diviser cette octave, mais quand on a créé le piano, grossièrement à l’époque de Bach, on a choisi de tempérer le clavier pour avoir 12 intervalles équidistants, explique Ons Barnat, ethnomusicologue et professeur au Département de musique de l’UQAM.

C’est un choix esthétique qui a été fait et qui influence aujourd’hui la plupart des musiques populaires mondiales, alors qu’environ 80 % des musiques traditionnelles dans le monde entier ne sont pas basées sur cette vision.

De do à ré, des possibilités infinies

Cette subdivision en 12 intervalles égaux, que l’on appelle des demi-tons, est ce qu’on appelle le système tempéré. Ces 12 intervalles correspondent aux 12 notes que l’on apprend dans le premier cours de musique au primaire, soit les 7 notes naturelles – do, ré, mi, fa, sol, la, si – et 5 notes altérées (dièses ou bémols).

C’est quelque chose qui est devenu hégémonique, mais il y a beaucoup de cultures musicales sur la planète qui n’utilisent pas ce système-là. On a plusieurs exemples où l’octave est divisée en 24 ou en 53, voire beaucoup plus, poursuit Ons Barnat.

L’ethnomusicologue donne l'exemple de la musique traditionnelle indienne et de ses râgas, des structures musicales qui servent de cadre pour l’improvisation et la composition. On dénote pas moins de 72 râgas dits fondamentaux, qui commandent des subdivisions différentes de l’octave selon les moments de la journée ou des saisons.

Le professeur évoque dans le même esprit les maqams – un concept central de la musique du Moyen-Orient –, des échelles musicales avec des intervalles spécifiques qui ont chacune leur propre couleur.

Ils ont un minimum de 150 modes, donc c’est 150 échelles que tu dois apprendre lorsque tu es un musicien professionnel là-bas, explique-t-il. Ça demande une écoute et une pratique beaucoup plus fine que ce à quoi nous sommes habitués.

Il donne aussi l'exemple du gamelan, un ensemble instrumental traditionnel indonésien dont les notes ne sont pas placées exactement sur les tons fixes de la gamme occidentale. Même la blue note qu’on entend dans le jazz peut être considérée comme une héritière de cette vision, ajoute-t-il.

Des musiciennes jouent différents instruments du gamelan indonésien.

Un gamelan est un ensemble musical traditionnel d’Indonésie, constitué de plusieurs instruments, dont des métallophones, des tambours, des flûtes et des cordes.

Photo : Getty Images / AFP / YASUYOSHI CHIBA

Le système tempéré, un compromis

Mais comment les théoriciens occidentaux en sont-ils arrivés au système tempéré? Il s’agit en quelque sorte d’un compromis qui s’est consolidé au Moyen-Âge pour permettre aux musiciens de jouer un motif dans n’importe quelle tonalité sans avoir à réaccorder leur instrument.

Pendant des siècles, on a utilisé d’autres systèmes, mais on ne pouvait pas transposer [les mélodies] dans n’importe quelle tonalité, explique Pierre Michaud. Aussitôt qu’on transposait, les rapports entre les différentes notes n’étaient pas les mêmes et ça posait problème.

Le tempérament, ça vient du latin temperare, qui veut dire "modérer". Un tempérament, c’est essentiellement un compromis.

La fixation autour de 12 notes va permettre de former un langage commun, résume Danick Trottier, musicologue et professeur à l’UQAM. Le système tempéré est également adapté aux instruments à clavier, comme le clavecin et le piano, qui ont des notes fixes qu’on ne peut pas ajuster en temps réel.

Angine de Poitrine, est-ce que ça sonne faux?

Les gars d’Angine de Poitrine ne vont pas aussi loin que la musique traditionnelle indienne, travaillant essentiellement avec des quarts de ton, soit la moitié des demi-tons du système tempéré, selon Danick Trottier.

On peut d’ailleurs le voir sur la guitare-basse de Khn, qui comporte beaucoup plus de frettes – les petites barres métalliques qui jalonnent ses deux manches – que les guitares traditionnelles.

Mais même cette simple subdivision peut avoir un effet dramatique pour nos oreilles occidentales, nous donnant une forte impression de dissonance. J’entends beaucoup de dissonance chez Angine de Poitrine et je trouve ça beau, affirme le musicologue, qui fait une distinction entre une musique dissonante et une musique qui sonne faux.

Un homme portant des lunettes et un veston gris derrière un mur gris.

Danick Trottier est musicologue et professeur au Département de musique de l'UQAM.

Photo : Université du Québec à Montréal

Il n’y a rien qui sonne "faux" en réalité, tout est relatif en fonction de l’univers dans lequel on évolue. Je vais faire un peu de relativisme culturel, mais c’est la réalité quand même. Quand on se retrouve en Inde avec des joueurs indiens de sitar très avancés, ils ont énormément de notes, et pourtant, ça ne sonne pas faux pour eux, illustre M. Trottier.

Ons Barnat appuie cette idée avec un autre exemple qui vient remettre en doute la perception de notre oreille, qui s’est un peu aseptisée avec le temps, selon son confrère Pierre Michaud.

Qu’est-ce que la fausseté? Il y a des exemples de musiques traditionnelles où on entend des genres de clarinettes en bambou au fin fond de l’Amazonie. Avec nos oreilles d’Occidentaux, on pourrait entendre ça comme agressif, mais pour eux, c’est au contraire une matérialisation du son de la nature, explique M. Barnat.

Ce sont des codes culturels. Nous, on a été bassinés par l’harmonie occidentale, et ça se ressent même au niveau rythmique.

Les deux membres d'Angine de Poitrine, déguisés, font leur signe avec Guy A. Lepage dans le studio.

Angine de Poitrine et Guy A. Lepage sur le plateau de « Tout le monde en parle » (Photo d'archives)

Photo : A. Media / Karine Dufour

Un coup de génie, selon Pierre Michaud

Même si plusieurs internautes demeurent divisés sur la musique d’Angine de Poitrine, le groupe compte déjà une armée d’adeptes à travers le monde. Plusieurs groupes Facebook dédiés au duo ont d’ailleurs été créés dans les dernières semaines et les gens s’arrachent leurs vinyles et les billets pour leurs concerts, de Montréal à Strasbourg.

Cette déferlante est plutôt inédite pour un genre musical aussi niché. D’autres groupes modernes ont inclus des éléments de musique microtonale dans leur œuvre, notamment King Gizzard and the Lizard Wizard sur son album Flying Microtonal Banana (2017).

Toutefois, la proposition d’Angine de Poitrine semble avoir rassemblé une foule de mélomanes de différents horizons, des professeurs de guitare qui commentent leurs vidéos sur les réseaux sociaux aux adeptes de vieux rock progressif.

Je pense que ce qui rend le tout assez digeste avec Angine de Poitrine, c’est le coup de génie avec tout ce qui l’entoure également, mais ce n’est pas juste une question de costumes, ça va au-delà de ça, affirme Pierre Michaud.

Quand on creuse, on voit que c’est extrêmement complexe, mais c’est présenté dans un package qui est le fun. C’est quand même drôle, on fait jouer ça à des enfants et ils adorent.

Le professeur et compositeur croit aussi que la proposition du groupe est arrivée à un moment propice, alors que la musique générée par l'intelligence artificielle (IA) envahit les plateformes de diffusion avec des chansons insipides.

Les planètes étaient alignées. C’est la musique dont on avait besoin avec toute l'IA qui nous crache des trucs génériques. Ça fait du bien d’avoir quelque chose qui a encore un peu de folie, conclut-il.

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