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Orgo-Life the new way to the future Advertising by AdpathwayLa série Vitrerie Joyal, inspirée de la vie de Martin Matte et de son père entrepreneur, sera offerte à compter de vendredi sur Prime Video. Visuellement alléchante, l'autofiction puise dans les stéréotypes des années 1990 pour porter un regard à la fois drôle et lucide sur la manière dont certains enjeux étaient abordés à l’époque, du racisme à la place des femmes au travail en passant par l’homosexualité.
Les médias ont pu voir les trois premiers épisodes de Vitrerie Joyal mardi au Centre PHI, à Montréal. La série en compte six au total, écrits par Martin Matte en collaboration avec son complice François Avard.
La réalisation est signée par Guillaume Lonergan, qui a frappé un coup de circuit l'an dernier avec Empathie, comédie dramatique écrite et interprétée par Florence Longpré.
Premier constat en visionnant l'épisode d'ouverture : la fidélité de la facture visuelle et des décors à l’esthétique des années 1990, entre les voitures de l’époque, les bungalows de banlieue avec leurs décors un peu kitsch et les complets très amples qui étaient alors en vogue.
Ce genre de reconstitution historique peut faire grimper considérablement le budget d’une série, selon Louis Bolduc, producteur pour Encore Télévision, qui coproduit la série avec Prime Video et MatteTV. D’où l’avantage de travailler avec l’une des plus grandes plateformes de diffusion au monde.
On avait l’argent que ça prenait pour le faire, ce qu’on n’a pas souvent ici. Ce ne sont pas des budgets astronomiques, mais on pouvait recréer les années 1990, on pouvait acheter la musique qu’on voulait, a expliqué le producteur lors d’une table ronde après le visionnement de presse.
Il s’agit de la première participation de Prime Video dans une fiction originale québécoise, après une expérience du côté de la téléréalité avec LOL, qui rira le dernier. La plateforme d'Amazon affirme qu’elle souhaitait s’assurer que la série soit comparable, sur le plan de la qualité, aux autres productions qu’elle propose.
L'important, c’est que [Vitrerie Joyal] vive sur Prime Video à côté de toutes les autres séries de Prime Video, à côté de Rings of Power, de Fallout et de tout le reste, a expliqué Brent Haynes, chef des contenus originaux canadiens pour Prime Video et Amazon MGM Studios.

Les deux frères Joyal, choqués par les commentaires de leur père.
Photo : Prime Video / Laurence Grandbois Bernard
Une autofiction collée sur la réalité
La comédie dramatique met en scène Martin Matte – avec ses vrais cheveux, qu’il n’avait pas laissé pousser depuis plus de 20 ans – dans le rôle d’André Joyal, fier propriétaire d’une vitrerie fondée dans les années 1970 à Laval.
Ses deux fils dans la vingtaine, Philippe et Vincent, travaillent également dans l'entreprise, et tentent d'obéir comme leurs collègues à la devise obsessive du patron, qui prodigue à chaque instant ses tactiques de vente éhontées : « Qui vise la perfection atteint l’excellence. »
Le premier, incarné par Pier-Luc Funk et basé sur Martin Matte lui-même, passe ses journées dans l’entrepôt et rêve de se lancer en humour. Le second, interprété par Pierre-Yves Roy-Desmarais, s’occupe de la comptabilité et essaie de faire entrer l'entreprise de son père dans la modernité.
La mère de famille, Diane Vaillancourt (Marilyse Bourke), est coincée à la maison depuis 15 ans et ambitionne de retourner au travail afin de retrouver son autonomie.
C’est une autofiction, mais il y a beaucoup de vrai, a expliqué Martin Matte après le visionnement de presse. C’est sûr que l’écriture nous mène à des endroits où on ne pense pas toujours aller, d’où la fiction, mais la ligne rouge est toute vraie.

Florence Longpré, Marilyse Bourke et Martin Matte dans la série «Vitrerie Joyal».
Photo : Prime Video / Laurence Grandbois Bernard
La famille est entourée d’une galerie de personnages colorés, de Gaston, le vendeur vedette un peu « mononcle » (François Chénier), à son collègue Alain (Guillaume Cyr), qui peine à closer ses ventes, visiblement mal adapté à son travail. Florence Longpré se fond dans le personnage de Josée, bras droit un peu névrosé d’André Joyal.
Marcel Lebœuf est méconnaissable dans son rôle du maire de Laval, Gilles Valcourt, un clin d'œil à peine voilé au véritable Gilles Vaillancourt, condamné à six ans de prison en 2016 pour complot, abus de confiance et fraude.
De son côté, l’humoriste Sam Breton disparaît derrière son rôle de M. Guimond, adjoint un peu narquois du maire Valcourt qui s’occupe de récolter les pots-de-vin versés par les entreprises locales.

François Chénier et Guillaume Cyr dans les rôles de Gaston et d'Alain, respectivement le meilleur et le pire vendeur de Vitrerie Joyal.
Photo : Prime Video / Laurence Grandbois Bernard
Le second degré
Si le personnage de Martin Matte est plus rigide que celui qu'il interprète dans Les beaux malaises, à l’image de son père, Vitrerie Joyal reste efficace sur le plan humoristique. Certains gags pourraient choquer les oreilles plus sensibles, mais le second degré est généralement bien perceptible.
Les deux frères Joyal, qui semblent résolument progressistes en cette année 1995, viennent aussi contrebalancer les propos stéréotypés de leur père en le confrontant à l’occasion.
Malgré une certaine droiture morale, ce dernier se retrouve submergé par un monde en pleine métamorphose, entre l'arrivée de l'informatique, la rébellion des femmes contre la mysoginie banalisée et l'influence grandissante des syndicats au sein de son entreprise.
Vincent s'insurge par exemple contre son père lorsqu'il remet en doute la candidature exemplaire d'un vendeur prometteur, incarné par Patrick Emmanuel Abellard, pour la simple raison qu'il est noir, sous prétexte que cela pourrait brusquer une partie de sa clientèle.
Les trois premiers épisodes de Vitrerie Joyal sont plus comiques que dramatiques, mais Martin Matte laisse sous-entendre que l’autre moitié de la série risque d'amener le public dans une autre direction.
Un événement qui arrive à la fin du troisième épisode – et qui ne sera pas divulgâché ici – laisse d’ailleurs présager une rupture de ton.
Prime Video souhaite devenir une maison pour les talents québécois
Vitrerie Joyal sera disponible dans plusieurs marchés de Prime Video à l'étranger, dans une version sous-titrée.
Brent Haynes espère que la série pourra rejoindre des publics diversifiés grâce à ses thèmes universels. Les relations homme-femme, le lien père-fils, ce sont des thèmes qui parlent à tout le monde, a-t-il résumé.
Il ajoute que Prime Video souhaite à terme devenir une véritable maison pour les contenus et les talents québécois, ce qui passe, selon lui, par des productions collées au territoire.
Quand Martin [Matte] nous a présenté la série, on a tout de suite senti que c’était ancré dans un lieu, dans une époque. Même en tant que personne anglophone, je me suis dit que les Québécois allaient reconnaître cette histoire et avoir l’impression qu’elle avait été faite pour eux.

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